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Just Catho !
Blog d'un journaliste chrétien
"Le journaliste est l'historien du quotidien"
Invitée à intervenir dans le cadre des conférences bioéthiques, l’élue
auvergnate a dénoncé la démarche eugénique de la FIV.
Début décembre à Rome, le
Conseil pour les Laïcs a décidé d’orienter les Béatitudes vers l’érection d’une nouvelle famille spirituelle.
Rome a finalement tranché. La communauté des Béatitudes, association internationale de fidèles de droit pontifical depuis le 8 décembre 2002 (1), va progressivement changer de statut pour
rejoindre la vie consacrée. Plus précisément, le Conseil Pontifical pour les Laïcs, dicastère de tutelle de la communauté, a pris la décision, le 3 décembre dernier, d’orienter les Béatitudes «
vers l’érection d’une nouvelle famille spirituelle de vie consacrée », comme le confirme le père Étienne Richer, porte-parole de la communauté, dans un communiqué daté du mardi 9 décembre
2008.
Cette décision a été prise dans le cadre du dialogue entre la communauté des Béatitudes et le Conseil Pontifical pour les Laïcs lors d’une rencontre initiée par le président du dicastère, le
cardinal Rylko, la première semaine de décembre, avec le gouvernement de la communauté. Le cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille et accompagnateur de la communauté, et Mgr
Pierre-Marie Carré, archevêque d’Albi, diocèse d’incardination des prêtres et diacres des Béatitudes, étaient présents au Vatican pour cette rencontre.
À terme, ce mouvement du renouveau charismatique, fondé en 1973, va donc prendre les traits d’une famille spirituelle de vie consacrée, avec un institut religieux masculin, un institut religieux
féminin et des laïcs consacrés (dont on ne sait encore s’ils vivront en communauté, les choses restant à définir). « Cette structure canonique qui appartient aux nouvelles formes de vie consacrée
permettra à chaque état de vie de participer d’une manière nouvelle au charisme et à la spiritualité de la communauté, tout en préservant son unité », commente le porte-parole de la modération
générale, située à Blagnac. « Elle garantira ainsi la pérennité de la communauté ».
Une décision qui intervient après plusieurs demandes insistantes de Rome
Outre qu’elle intervient dans un contexte sensible et douloureux pour la communauté - plusieurs affaires internes et des accusations de dérives sectaires (2), largement relayées par les médias,
ayant profondément meurtri les fidèles -, cette refondation spirituelle et juridique des Béatitudes fait suite à plusieurs demandes express du Conseil Pontifical pour les Laïcs afin que la
communauté clarifie certains de ses modes de fonctionnement, notamment le statut des laïcs, consacrés et familles communautaires (3).
Ainsi, en décembre 2007, le dicastère avait déjà prorogé, pour une période de deux années, la période ad experimentum de la communauté en vue de l’adoption définitive de ses statuts d’association
de fidèles. Ce report avait été exigé par le cardinal Rylko pour permettre à la communauté d’approfondir sa réflexion sur son charisme et de mettre en œuvre les indications données par le
Vatican. Lors d’une nouvelle réunion à Rome en juin dernier, le dicastère avait insisté auprès du modérateur général pour que ses indications soient respectées « au risque, s’il en était, de voir
la communauté « se défaire »».
C’est pour éviter cette « implosion » interne, mais également pour s’assurer que ses indications soient effectives, que le Conseil Pontifical pour les Laïcs a pris sa décision du 3 décembre, en
accord avec la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée.
L’assemblée générale convoquée avant le mois de novembre 2009
Maintenant, les grands principes étant arrêtés, la transition va s’opérer en douceur dans les prochains mois, notamment le transfert de la tutelle du Conseil pour les Laïcs vers la Congrégation
pour la vie consacrée. Si Rome ne donne pas de délai à la communauté pour intégrer son nouvel état, le Conseil Pontifical pour les Laïcs l’invite tout de même à tenir son assemblée générale avant
le mois de novembre 2009.
Les questions matérielles, comme l’implantation de chaque institut dans des lieux distincts, restent encore à régler. « Le travail à réaliser dans les prochains mois sera redéfini pour permettre
à la prochaine assemblée générale de mettre en œuvre cette décision », annonce le père Étienne Richer.
1 - Les statuts de l’association ont été approuvés ad experimentum, « à titre expérimental » pour une durée de cinq ans. En 2007, l’adoption définitive de ces statuts a été prorogée de deux
années.
2 - Lors de sa venue à Albi le 10 décembre, Jacky Cordonnier, membre du conseil d’orientation de la Miviludes, a indiqué que la communauté des Béatitudes était surveillée depuis 11 ans. Mais la
communauté précise qu’aucun rapport de la Miviludes ne les cite et que ces accusations ne sont pas fondées.
3 - Le Conseil Pontifical pour les Laïcs avait également demandé à la communauté de cesser « ses pratiques de psychothérapie ». Il avait aussi exigé que les familles vivent dans une habitation
séparée et indépendante et que leurs membres puissent exercer une activité professionnelle rémunérée, avec la couverture sociale prévue par la législation.
Etats généraux de la bioéthique : pour un débat ouvert et éclairé
Malgré un retard de calendrier - puisque ils devaient se dérouler initialement à l’automne 2008 - les états généraux de la bioéthique se tiendront finalement au cours du premier semestre 2009.
L'Eglise catholique entend jouer son rôle avec rigueur et vigilance.
Les catholiques regrettent que l’AFM, via le Téléthon, finance des recherches sur l’embryon et pratique un tri embryonnaire eugéniste.
Le sujet est délicat, si ce n’est explosif. À chaque nouvelle édition du Téléthon, organisé début décembre par l’Association française de lutte contre les myopathies (AFM), la question de la
participation - matérielle et financière - des catholiques à ce grand élan de générosité populaire se pose avec force. Comment ne pas faire sien le combat de ces malades et de leur famille ?
Comment se refuser à donner, même un infime don, à une structure qui se bat depuis des décennies pour les personnes handicapées et qui a acquis des résultats parfois au-delà de toutes espérances
?
Si « se détourner du Téléthon reste un crève-cœur » (1) comme l’affirme Tugdual Derville, délégué général pour l’Alliance pour les droits de la vie (ADV), et malgré que « l’essentiel des dons
continue de financer des recherches éthiquement irréprochables », deux pratiques promues par l’AFM ces dernières années obligent les catholiques à une levée de bouclier, et ce tant que le
fléchage des dons ne sera pas possible.
L’embryon à défendre
Depuis la loi de bioéthique du 6 août 2004, ouvrant une dérogation autorisant la recherche sur l’embryon à des fins thérapeutiques pour une durée de cinq ans, l’AFM est devenue, grâce à une
partie des recettes du Téléthon, le premier financeur français des recherches sur les cellules souches embryonnaires via l’I-Stem, centre de recherche qu’elle co-gère avec l’Inserm et
l’université d’Evry, dont les locaux sont installés au sein du Généthon.
Même si demain ces recherches trouvaient un véritable débouché médical - ce qui n’est pas le cas actuellement, la greffe de cellules souches embryonnaires provoquant des tumeurs -,
l’instrumentalisation de l’embryon va à l’encontre même de la dignité due à toute personne humaine. « Lorsque des êtres humains, dans l’état le plus faible et sans défense de leur existence, sont
utilisés comme du pur « matériel biologique », comment ne pas reconnaître que ceux-ci ne sont plus traités comme « quelqu’un » mais comme « quelque chose », et qu’est ainsi remis en question le
concept même de la dignité de l’homme ? » (2), s’interrogeait encore le pape Benoît XVI, en février dernier, dans une allocution sur la place de l’Eglise catholique dans le débat bioéthique.
Mais bien avant ces dites recherches - dont la légitimité sera de nouveau débattue en 2010 lors de la révision de la loi de bioéthique, preuve du caractère sensible du sujet -, l’AFM a dévié de
sa mission originelle, qui était de « chercher pour guérir et sauver » selon les termes de Tugdual Derville, pour s’orienter vers une pratique eugéniste du dépistage anténatal. Ainsi, en
promouvant largement le diagnostic préimplantatoire (DPI), équivalent in vitro du diagnostic prénatal (DPN), l’AFM sélectionne les embryons malades pour les détruire et ne laisser naître que les
bébés sains, autrement appelés « Bébéthons ». « Ces « bébéthons » - qui sont sains parce que n'ayant jamais été malades - ne sont que les survivants d'avortements programmés in vitro ou in utero»
(3), dénonce vivement Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, à l‘origine de la polémique sur le Téléthon en 2006. «Certaines myopathies se
traduisent désormais par 100% d’avortements «médicaux» lorsqu’elles sont décelées avant la naissance», indique le délégué général de l’ADV.
Les catholiques attendus aux états généraux en 2009
Mais s’opposer ne suffit pas dans ce débat. Les catholiques en accord avec le Magistère de l’Église ne peuvent se défiler devant leurs responsabilités, surtout lorsqu’est mise en cause une
organisation aussi populaire que le Téléthon. La tenue des États Généraux de la bioéthique au cours du premier semestre 2009, dans toutes les régions de France, prélude à la révision de la loi de
bioéthique en 2010, est une chance à saisir pour avancer des propositions en faveur d’une recherche éthique.
Déjà, des comités de bioéthique se mettent en place dans plusieurs diocèses, se préparant à porter la voix des catholiques dans ce débat public où pointent déjà, en ligne de mire, la
libéralisation totale de la recherche sur les embryons et l’élargissement du DPI et du DPN. Pour ce qui est du Téléthon, les catholiques ne désespèrent pas que l’AFM renoue avec sa mission
première. Ou au moins qu’elle flèche les dons.
1 Liberté Politique – Décryptage « La force tranquille de l’objection de conscience » 28 novembre 2008
2 Discours à l’Assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 1er février 2008
3 «Il n’est plus possible de participer au Téléthon » - communiqué de la commission Bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, 16 octobre 2006
Invité par les AFC du Tarn, l’historien des religions et membre
de la Miviludes, Jacky Cordonnier, (1) donnera deux conférences (2) sur «les jeunes et les sectes».
Vous venez parler du rapport entre les sectes et les jeunes. Assiste-t-on à une recrudescence de l’endoctrinement de ces derniers par les sectes ?
Depuis ces dernières années,
les jeunes deviennent une cible privilégiée des dérives sectaires. Pour des raisons tout à fait diverses. Par leurs faiblesses (naïveté, inexpérience…), les jeunes sont des mines d’informations
pour ces mouvements-là, en particulier vis-à-vis de leur famille. Pour une secte, et c’est logique car le nerf de la guerre c’est l’argent, il est bien plus intéressant d’appréhender les
attentes, les besoins, les envies des jeunes, qui sont leur fond de commerce pour les trente prochaines années, plutôt que de s’intéresser aux états d’âme de personnes qui sont bientôt à la
retraite. Il ne faut pas perdre de vue qu’énormément de mouvements sectaires ont des pratiques sexuelles exacerbées, déréglées, voir même pratiquent la pédophilie. Dès lors, on comprend pourquoi
les jeunes sont des cibles recherchées par les sectes. Enfin, il existe des mouvements sectaires qui, aujourd’hui, ne regroupent quasiment que des jeunes, comme les mouvements New Âge,
occultistes, ésotériques, satanistes. Car, au-delà de l’argent, se glissent des motivations plus idéologiques.
Les jeunes sont-ils plus manipulables, plus fragiles aujourd’hui qu’auparavant ?
Les jeunes qui étaient en secte il y a vingt ans y étaient car leurs parents appartenaient à cette secte. Aujourd’hui, si ces « nés en secte » existent toujours (le nombre de jeunes en secte est
estimé à 100000, ndlr), de plus en plus de jeunes, et ça c’est nouveau, sont en secte alors que leurs parents n’y sont pas du tout. Ou ce sont eux qui ont fait la démarche ou ils ont été
prospectés. Mais les fragilités des jeunes actuels ne sont guère différentes de celles que j’ai pu connaître dans les années 50-60. Ce qui est tout à fait différent, c’est la société qui s’est
profondément modifiée. La cellule familiale a éclaté, les grandes institutions sont discréditées, il y a une véritable rupture entre le monde des jeunes et le monde des adultes, ajoutez-y les
nouvelles technologies, ajoutez-y l’absence de structures intermédiaires (associations, patronages…). Les souffrances sont les mêmes, mais en dehors de la famille et de l’école, les jeunes
peuvent trouver dans les sectes des réponses à leurs angoisses, à leurs attentes.
Les méthodes d’endoctrinement des sectes ont-elles changé avec les années ?
Non, à part évidemment Internet qui est certainement l’une des portes d’entrée les plus
importantes. Mais sinon les bonnes vieilles mesures de recrutement sont les mêmes: le porte-à-porte, les tracts dans la rue, les conférences, le bouche-à-oreille…
Quels sont les principaux mouvements qui essayent d’approcher les jeunes ?
Quasiment tous. Il n’en existe pas un en particulier. Tous ont bien compris l’intérêt de recruter un jeune.
Comment savoir que son enfant est sous l’emprise d’une secte ?
C’est aussi difficile à un parent de reconnaître que son enfant est dans une secte que pour une famille de
reconnaître que quelqu’un est dans une secte. En réalité, la mise sous dépendance se fait relativement vite, c’est très délicat. Il y a toujours des signes qui permettent de reconnaître, mais qui
ne sont pas forcément des signes de rentrée en secte. Le fait de changer de fréquentations, de s’enfermer, de changer de lecture… Il est très difficile pour un adulte de s’en rendre compte. Pour
quelqu’un qui n’est pas au fait de ces choses-là, c’est même quasiment impossible.
Que faire si l’on s’en rend tout de même compte ?
Il faut demander de l’aide à des professionnels. Par l’intermédiaire par exemple d’associations ou de la Miviludes. L’important est d’éviter de commettre des erreurs, et notamment l’irréparable:
la rupture avec le noyau familial. Car là ça devient dramatique. Et il faut surtout s’armer de patience car des éclairs de lucidité sont possibles chez des personnes entrées en secte.
Malheureusement aujourd’hui on estime qu’à peine 3 % des personnes sortent des sectes…
Comment expliquer l’attrait du satanisme ?
Ce n’est pas le satanisme tel que les générations précédentes imaginaient. Ce n’est pas l’image du diable. Les mouvements sataniques ont des croyances, des idéologies très diverses. Certains sont
proches des néo-nazis, d’autres s’inspirent d’un satanisme néo-païens. C’est très brouillon, ce n’est pas monolithique. L’invocation de Satan ou d’un démon, c’est par définition l’invocation de
l’ange rebelle et le jeune est rebelle. Ce n’est pas obligatoirement une rébellion contre Dieu, mais contre lui-même ou contre la société. Pour des jeunes qui n’ont pas de place dans le groupe,
le mouvement satanique leur donne la possibilité d’exister. Pour des jeunes qui sont un peu des transparents dans la vie, le fait de revêtir une autre apparence vestimentaire permet d’être vu et
reconnu. Certains croient aussi qu’ils pourront accéder à une élite ou à un autre monde qui n’est pas celui du commun des mortels. Il n’existe pas un profil type.
1 - Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires.
2 - Conférence mercredi 10 décembre à 20h30 à l’Athanor d’Albi et jeudi 11 décembre à 20h30 au lycée Barral de Castres. Ouvert aux jeunes de plus de 15 ans.
Conférence de Mgr Pierre-Marie Carré : "Bioéthique : pourquoi l'Eglise prend la parole ?"
Conférence des docteurs Martine Bonnecarrère et Bernard Pradines : "Fin de vie : la loi Léonetti est-elle suffisamment connue ?"
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