La fondatrice de la congrégation des « sœurs bleues »
a rejoint, dimanche dernier, la longue liste des Bienheureux de l’Église catholique. Elle sera célébrée le 3 octobre.Depuis dimanche après-midi, le nom de Jeanne-Émilie de Villeneuve, la fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception, plus connue sous le vocable de « sœurs bleues de Castres », est inscrit sur « le Livre des Bienheureux » selon la formule liturgique officielle. Plus de 6 000 personnes, dont près d’un millier d’étrangers, ont assisté à cette messe de béatification présidée par Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque d’Albi, en présence de Mgr Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints et représentant du Pape, dans le Parc de Gourjade à Castres.
Une quinzaine d’évêques, dont le cardinal Bernard Panafieu, ainsi qu’une centaine de prêtres du diocèse et de la région, entouraient le célébrant. Annoncé à la dernière minute, le secrétaire d’État au logement et à l’urbanisme, Benoist Apparu, représentait le gouvernement aux côtés du sous-préfet et du maire de Castres, ainsi que des députés Philippe Folliot et Bernard Carayon.
Le portrait de la bienheureuse dévoilée en présence de Binta Diaby
Sous un soleil assommant, l’assistance a suivi cette célébration, longue de 2 h 30, dans un recueillement palpable. C’est à 16 h précises que la cérémonie a débuté par la longue procession de servants d’autels, prêtres et évêques fendant une marée de parapluies et de foulards multicolores. Le rite de la béatification à proprement parlé s’est ouvert après le kyrie eleison par une allocution de l’archevêque d’Albi demandant « humblement au Saint Père Benoît XVI de bien vouloir inscrire au nombre des Bienheureux la Vénérable Servante de Dieu Jeanne Émilie de Villeneuve ».
Après les interventions de la postulatrice de la cause, sœur Maria Luisa, et de la supérieure générale de la congrégation sœur Núria Bayó Blasco, présentant respectivement la biographie et l’actualité du charisme d’Émilie de Villeneuve, Mgr Angelo Amato, installé sur le faldistoire, donna lecture en latin de la Lettre apostolique signée de la main du Souverain Pontife. Une fois déclarée Bienheureuse, le portrait de Jeanne-Émilie de Villeneuve, offert par le Vatican, fut dévoilé et les reliques de la fondatrice des « sœurs bleues » amenées sous celui-ci en présence de la miraculée, Binta Diaby, une Guinéenne de confession musulmane.
La béatification, « début d’un cheminement de foi » pour les sœurs
« La sainteté n’est pas un don de Dieu que certains recevraient dès leur naissance et dont les autres seraient privés », a déclaré Mgr Carré au début de son homélie. « Tous, nous sommes appelés à devenir saints ! » a-t-il martelé à plusieurs reprises. Comme chaque saint, Émilie de Villeneuve avait son secret : « celui d’avoir reconnu sa faiblesse et sa fragilité et de s’être appuyée avec humilité sur Dieu ». Au point de donner sa démission de supérieure générale « pour achever sa vie simplement au milieu de ses sœurs ».
Mais cette humilité n’empêchait pas cette fille de bonne famille d’être audacieuse et de prendre des choix intrépides, « comme celui d’envoyer très vite des sœurs en mission au Sénégal à une époque où le climat et les maladies causaient la mort d’un grand nombre de ceux qui partaient en Afrique ». Sa vie, faite de « toutes sortes de fatigues et de privations » au service des pauvres, « nous est donnée en exemple aujourd’hui », a poursuivi le prélat. « Frères et sœurs, je vous le demande avec insistance : laissez le Christ vous prendre par la main, vous parler au cœur ». En fin de célébration, une foule nombreuse de pèlerins est venue se recueillir autour du reliquaire de la nouvelle Bienheureuse, qui sera dorénavant fêtée le 3 octobre de chaque année.
Pour la supérieure générale des sœurs bleues, « ce grand rassemblement vient marquer, non pas la fin d’une année jubilaire, mais le début d’un cheminement de foi avec une nouvelle compagne de route, notre bienheureuse Jeanne-Émilie de Villeneuve ». Renouvelant l’appel de sa fondatrice, sœur Núria Bayó Blasco invite « à suivre joyeusement le chemin de vie » qu’a tracé Émilie de Villeneuve. « Transmettons cette vie autour de nous, particulièrement auprès de ceux et celles que la société laisse en marge », a-t-elle demandé dans son message de remerciements, adressé au diocèse d’Albi mais surtout « au comité de coordination et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se sont investis dans la préparation de cet événement ».
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander




Invitée à intervenir dans le cadre des conférences bioéthiques, l’élue
auvergnate a dénoncé la démarche eugénique de la FIV.
Début décembre à Rome, le
Conseil pour les Laïcs a décidé d’orienter les Béatitudes vers l’érection d’une nouvelle famille spirituelle.
Commentaires