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Mercredi 9 mai 2007

En période électorale, surtout lorsqu’il s’agit d’échéances nationales comme celles que nous venons de vivre, les rédactions vivent au rythme de l’agenda politique. Tel candidat annonce sa candidature, tel autre le nom de sa ou son suppléant, le troisième la trahison de son camp… Les journalistes s’efforcent de garder leur sang-froid pour ne pas devoir raturer sans cesse leur papier écrit la veille.

Pour ceux qui se sont intéressés à la question - mais comment ne pas y prêter attention lorsque l’on ne parle que de ça - les catholiques se sont livrés, eux aussi, à leur petites analyses sur le scrutin présidentielle. Les programmes des candidats ont été passés au peigne fin, histoire de constater lesquels évoquaient le mieux, ou plutôt n’évoquaient pas, les principes non négociables. À vrai dire, et à dire vrai, d’aucun n’a rempli les critères demandés par le Magistère. Pour autant, il a bien fallu déposer le bulletin dans l’urne citoyenne, si ce n’est pas conviction, ce fut par souci du moindre mal.

Le 6 mai au soir, la Terre n’ayant pas arrêté de tourner, les Français, et les croyants, ne doivent pas quémander, penaud, aux pieds de leur nouveau Président, un bout de bonheur en plus. La démocratie a ceci de dommageable que, une fois l’enveloppe glissée, le citoyen retourne à l’état d’administré végétatif. L’élection d’un homme et le suffrage des hommes font pourtant route commune. Le premier, élu, n’arrête pas le mouvement des seconds. La recherche du bien commun est une quête qui vise à rendre chaque homme plus heureux qu’il ne l’est aujourd’hui. Que l’on soit opposé ou non au nouveau Chef d’Etat, restons en mouvement. Car sans mouvement, l’Homme se meurt.

par Antoine Pasquier publié dans : Actualité
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Mercredi 2 mai 2007

Avant la visite de Benoît XVI au Brésil, du 9 au 13 mai, Mgr Gérard Verdier, originaire du Tarn, évoque les grands maux du pays.

Quel message les Brésiliens attendent-ils de Benoît XVI ?

La visite elle-même du pape est un beau cadeau pour le peuple brésilien qui conserve, dans son immense majorité, la foi catholique. Elle est un signe que l’Amérique latine n’est plus la grande oubliée de Rome… Les Brésiliens attendent une parole forte du pape sur les grands maux qui blessent encore la société brésilienne: la corruption endémique, la violence urbaine et rurale qui perdure et s’amplifie, la réforme agraire qui avance à pas de tortue, la répartition des richesses non réalisée…

De son côté, l’épiscopat brésilien a-t-il un message à faire passer au Pape? Qu’attend-il de ce déplacement?

Comme je l’ai dit, ce déplacement provoque dans le pays et chez les évêques une profonde joie et une grande espérance. L’épiscopat sera sans doute encouragé à continuer ses efforts pour centrer l’annonce de la foi sur la Personne de Jésus Christ, à défendre les valeurs de justice pour tous, d’honnêteté contre la corruption, de défense de la vie des indiens, des noirs, de tous les exclus du pays, de protection de la forêt amazonienne en péril…

Alors que les violences se multiplient dans les campagnes brésiliennes, l’Eglise travaille-t-elle avec le gouvernement de Lula pour y mettre un terme? Quelles sont les relations qu’entretiennent les deux entités?

Un certain refroidissement. Car, malgré tous les espoirs suscités par l’élection du Président Lula et de belles avancées en faveur des plus défavorisés, l’Eglise déplore la lenteur de la Réforme Agraire et d’une véritable politique agricole qui résoudrait le problème de la violence rurale. Ce malaise est augmenté par l’appui certain que ce même Gouvernement donne à ce que l’on appelle l’« agro-negocio » (la production à grande échelle de produits agricoles pour l’exportation comme le soja qui envahit maintenant l’Amazonie, au détriment de la forêt…), et le manque de mesures aidant à sortir de leur crise économique, les moyennes et petites propriétés…

Deux de vos collaborateurs subissent des menaces de mort pour leur combat en faveur des indiens et des paysans sans terre. Le Saint-Père connaît probablement ces problèmes. Comment réagit-il à ce sujet ?

Nous avons une belle page du Pape sur le courage des missionnaires prêtres, religieux, religieuses et laïcs défendant les petits, mais une parole ciblée, de sa part, sur la défense des terres des indiens, des Sans Terre et de ceux qui les appuient et les défendent, serait d’une grande importance et un grand encouragement pour nous tous!

Deux jours après cette visite pontificale, vous comparaissez devant la justice dans l’affaire des tortures policières que vous avez dénoncées. Comment abordez-vous cette confrontation? Êtes-vous confiant ?

Le Commandant de la Police Fédérale de Guajara-Mirim vient de me téléphoner me disant que les militaires qui me font ce procès sont prêts à retirer leur plainte si je leur présente des excuses publiques à la radio et dans la presse! À eux, justement, les tortionnaires! J’ai répondu que ma conscience ne me le permettait pas. J’attendrai le verdict de la justice et je ferai appel, s’il y a lieu… Je suis confiant en la Providence, serein, très soutenu par mes frères évêques, par toute l’équipe missionnaire et par le merveilleux peuple des petits qui sent bien l’enjeu de ce procès: faire taire la voix de l’Eglise qui les défend…

Propos recueillis par Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 12 avril 2007

Le père Bruno Bories, curé de Puylaurens et doyen du secteur pastoral du Tarn-sud, vient d’être choisi comme prochain vicaire général du diocèse, en remplacement du père Claude Cugnasse.

Né en 1959 à Denat, le père Bruno Bories est originaire d’une famille d’agriculteurs. Après des études à Pratlong, puis au Christ-Roi de Toulouse, il entre au séminaire de Toulouse. Séminariste stagiaire à la paroisse Saint-Joseph à Albi, il est ordonné prêtre en 1986. Il sera intégré à l’équipe paroissiale de Saint-Joseph jusqu’en 2001, date de sa nomination sur le sud du département. Il a été également aumônier de plusieurs mouvements, dont l’ACI. En 2005, il était responsable de l’organisation du Forum des initiatives missionnaires de Castres.

Le père Bories entrera en fonction au mois de septembre prochain, et occupera le poste de vicaire général à plein temps. le père Cugnasse devrait conserver la responsabilité du secteur de Lavaur. Le vicaire général occupe ses fonctions pendant six ans, et peut être renouvelé dans celles-ci. Le père Cugnasse a été vicaire général du diocèse pendant neuf ans. La décision de changer de vicaire général appartient à l’évêque, qui peut tenir compte de l’avis de son conseil pastoral et de prêtres du diocèse.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 12 avril 2007

Samedi 21 avril à 19h30 sur KTO, Mgr Pierre-Marie Carré est l’invité de l’émission « la vie des diocèses » « Un jour, une foi », l’émission quotidienne de KTO (26 minutes) est déclinée du lundi au samedi à 19.30 (rediffusée à 21.45), décrypte l’homme sous toutes ses dimensions personnelles, spirituelles et environnementales. Tous les samedis « un jour, une foi » a pour thème « la vie des diocèses ». Cette émission est un tour de France des diocèses, à la rencontre des évêques et des forces vives de l’Eglise.

Rediffusions : Dimanche 22 avril à 09h55 et à 21h45 Lundi 23 avril à 00h15 Mardi 24 avril à 10h40 Mercredi 25 avril à 20h20 Jeudi 26 avril à 15h10 Vendredi 27 avril à 07h40 et à 22h40 KTO est disponible sur le satellite, la télévision par ADSL, le câble et également par internet sur www.ktotv.com

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 5 avril 2007

Au moment où s’ouvre la campagne présidentielle officielle, l’Alliance pour les Droits de la Vie lance la distribution massive d’un “Programme pour la vie”. Ce programme, conçu en association avec la Fondation de service politique, et d’autres organisations pro-vie, dont le Comité protestant pour la dignité humaine (CPDH) et la Life parade, aura mobilisé trois mille volontaires pour aller à la rencontre des Français. Un million d’exemplaires de ce Programme pour la vie est en cours de distribution dans les rues des 183 principales villes de France.

Le Programme pour la vie s’ouvre sur quatre volets : procréation et bioéthique, grossesse et maternité, enfance et sexualité, dépendance et fin de vie. Il propose d’ouvrir le débat de la protection de la vie humaine autour de quatre mesures-clés : - Une vraie protection juridique pour l'embryon humain - Une loi-cadre pour favoriser l'accueil de la vie - Priorité nationale à la protection de l'enfance - Une charte pour la dépendance - Une charte pour la fin de vie Ce Programme entend interpeller ainsi les douze candidats à l’élection présidentielle et mobiliser les électeurs en faveur de la protection de la vie. Chacun est invité à apporter sa contribution au Programme pour la vie afin qu’il soit pris en compte dans le débat en apportant ses réflexions ou son témoignage et en le soutenant sur Internet.

Fondée en 1994, l’Alliance pour les droits de la Vie est une association loi de 1901 qui regroupe actuellement 30 000 soutiens. Elle est présidée par le cancérologue Xavier Mirabel. Elle agit selon deux axes : l’aide aux personnes confrontées à des épreuves de la vie et la sensibilisation de tous à la protection de la vie humaine. Deux sites Internet d’aide aux personnes ont participé également à l’élaboration du Programme pour la Vie : SOSfindevie.org et SOSenfance.org

www.adv.org

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 5 avril 2007

Les catholiques ont-ils leur mot à dire dans le débat politique de ses élections présidentielles? Dans notre société sécularisée, où la conception de la laïcité est parfois poussée à son paroxysme, la réponse n’est pas évidente, et la religion rapidement rangée au placard de la sphère privée. Les croyants, eux, n’entendent pas mettre leurs opinions en sourdine. À l’aide d’un document publié par la Conférence des Évêques de France, à l’automne dernier, intitulé « Qu’as-tu fait de ton frère? », des groupes de laïcs tarnais ont lancé des rencontres-débats autour de cette publication qui invite à la réflexion sur les grandes questions de société.

Pour le père Claude Cugnasse, vicaire général du diocèse d’Albi, ces conférences, qui « cherchent à éveiller les chrétiens à la valeur du politique », sont justifiées. « Beaucoup de catholiques s’intéressent aux élections et se posent des questions ». Bonne idée au demeurant pour les chrétiens en quête de sens, ces débats internes ne limitent-ils pas l’Église à sa sphère privée? Le croyant n’a-t-il pas intérêt à dépasser les frontières de sa paroisse pour semer les paroles de l’Évangile dans le monde? « La religion a toujours eu une expression publique », estime pour sa part le père Xavier Cormary, prêtre à Lavaur. « On reproche parfois à l’Église d’exprimer des opinions sur des sujets de société, [or] l’Évangile est une force, un moteur de transformation du monde ». Le jeune prêtre tarnais rappelle qu’il est aussi un « citoyen et un électeur, avec mes idées et mes orientations».

Auteur d’un blog, le père Cormary vient de rédiger une lettre ouverte à l’attention des candidats à l’élection présidentielle. Il y dénonce les aigreurs d’une campagne électorale démagogique. « Personnellement, je suis rassasié des discours politiciens qui disent « on est les meilleurs, les autres, ils sont nuls! ». On entend ça à longueur de campagne électorale, comme si une action politique était toute bonne ou toute mauvaise ». Bien sûr, le débat et la critique seuls seraient trop faciles. L’Église ne cède pas à la tentation de l’unique sermon, mais appelle à l’action. « L’Église invite les chrétiens à s’engager en politique », rappelle le vicaire général. « Ce qui ne signifie pas être obligatoirement élu, mais au moins poser et se poser des questions ». L’investissement chrétien ne se borne pas « à la politique électorale, mais peut prendre d’autres formes, comme un engagement dans le milieu associatif ou syndical ». Le père Xavier Cormary pense qu’il est aussi du « devoir du chrétien, au nom de sa foi, de s’engager pour un monde meilleur ».

Cependant, s’investir publiquement ne veut pas dire imposer obligatoirement, ou impérativement, ses idées. « On ne peut pas imposer notre point de vue à une société laïque », tempère l’abbé Claude Cugnasse, « mais on peut essayer d’améliorer les choses ». Que ce soit en terme de débat ou d’action publique, les catholiques doivent garder à l’esprit les principes enseignés par l’Église, rappelés par le texte des évêques et la note Ratzinger de 2002. « Un devoir de lucidité s’impose à nous », insiste le père Cormary. « il n’est pas possible pour un chrétien de mettre des intérêts économiques ou politiques, et je dirais même écologiques, au-dessus de l’intérêt de l’homme. C’est l’homme, tout l’homme et tout homme qui doit être le souci premier avec la priorité des priorités pour les plus faibles. C’est dans ce sens que je voterai lors des prochaines échéances ».

Et, si faute de candidats satisfaisants, le chrétien n’arrive pas à faire de choix, il ne doit en aucun cas s’abstenir « car ceci serait un mauvais exemple vis-à-vis des jeunes et de la société », précise le père Cugnasse, une forme de désengagement. Par contre, « il peut voter blanc selon sa conscience, ou voter en traînant des pieds. Les candidats ont tous des imperfections ».

Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Mercredi 4 avril 2007

Mais bon sang, comment un prêtre peut-il en connaître aussi long sur l’amour et les relations conjugales ? À chacune de ses interventions, comme celle du 27 mars dernier à Réalmont, le père Denis Sonet donne, sans état d’âme, une véritable gifle aux couples bien installés, et trace le chemin à suivre pour les plus jeunes. «C’est inadmissible que les couples ne soient pas heureux dans notre société», a lancé le conférencier. «Allez voir chez les pauvres !». Le ton est donné… Le crâne dégarni, le regard franc, Denis Sonet a un foutu caractère et une sacrée dose d’humour pour faire passer son discours.

Devant une salle comble, répondant à l’invitation des AFC du Tarn, le prêtre-conseiller conjugal a ressorti son indémodable allégorie du chalet. «L’amour c’est une construction, comme un chalet sur une montagne». Avant toute chose, il faut établir un plan, celui de sa vie de couple. «Les jeunes n’ont plus de projets, alors qu’ils ont des vues très différentes», regrette le père Sonet. Mais construire l’édifice de sa vie n’est pas un jeu de loterie ou une perpétuelle mise à l’épreuve. «Huit cohabitations sur dix craquent dans les dix ans s’il n’y a pas de mariage», rappelle le conférencier. Le mariage, et l’engagement qui en découle, constitue le fondement et la base de tout couple. «Ça aussi, les jeunes ne le savent plus. Un couple, c’est avant tout la volonté de durer ensemble».

Le chalet ne pourra pas s’appuyer sur de solides fondations s’il n’existe pas, au fond de chacun des conjoints, un véritable amour de soi. «Quand on ne s’aime pas, on s’accroche à l’autre !», et la liberté qui fonde tout amour en pâtit. Une fois la base bien ancrée, Denis Sonet invite les couples à ériger les piliers de leur amour. Le premier, et le plus important, est la communication. «Les trois quarts du temps, on se sépare à cause d’un manque de communication», a relevé le prêtre. «Malheureusement, la communication n’est pas encore dans les programmes scolaires. mais si vous votez pour moi, je flanquerais un mois de cours sur la communication en terminale». Pour l’intervenant, l’acceptation de la différence dans un couple vient renforcer ce premier pilier. Le second rappelle la nécessité de la tendresse entre époux. Tendresse qui se traduit en gestes, en paroles, en cadeaux, mais aussi en fantaisies ! Le troisième pilier, la sexualité, qui s’accomplit dans la conjugalité, ne doit surtout pas être omis dans un couple. «La sexualité, c’est s’abandonner à l’autre», a résumé le père Sonet. «Je vois beaucoup de couples qui n’ont plus de sexualité. Ce n’est pas normal !». Toutefois, la sexualité n’est pas une course effrénée vers la performance, et «les conjoints doivent aussi savoir accepter les imperfections de l’autre».

Enfin, quatrième et dernier pilier, celui du projet de vie à deux. «N’oubliez pas que vous devez construire quelque chose à deux», a insisté le conseiller conjugal. Au cours de la réalisation de ce projet de vie, les époux devront garder au fond d’eux cette «volonté d’aimer» car c’est grâce à elle que, au creux de la vague, on peut repartir ensemble. Sur ces piliers, le foyer vient y déposer sa communauté conjugale, avec la cheminée du pardon - «où, le soir, on brûle tout» - et la faîtière de la fidélité qui rappelle que «je t’ai donné ma vie». Une parabole pour accueillir l’Esprit saint, une entrée sans porte pour être toujours ouvert et bien sûr, des enfants et de la joie ! Et Dieu dans tout ça ? «Dans votre sacrement de mariage, il y a le signe de Dieu. Chaque fois que vous aimez votre femme, vous aimez Dieu !». En fin de conférence, le père Sonet a rappelé que l’amour d’un couple devait être à l’image du Seigneur. «Ne devenez pas des couples pot-au-feu qui ne divorcent pas, mais soyez des couples à l’image du Christ, mort sur la croix les bras ouverts au monde, qui a épousé l’Eglise, soyez des couples qui aiment à la folie !».

Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 29 mars 2007

 Il s’est exilé pour mieux revenir. Husam Shaabo, 38 ans, est prêtre en Irak, son pays natal, depuis sept ans. « Abouna » comme on le surnomme (ce qui signifie père en araméen) appartient à l’église catholique syriaque. Paradoxalement, il vit ce rassemblement mondial de jeunes pour la première fois, alors que les JMJ fête leur vingtième édition à Cologne. Pas étonnant selon lui, « pour l’Irak, vu le contexte politique d’autrefois, il était difficile d’y participer avant ». Venu en France pour terminer ses études et renforcer ses bases en français, au sein de l’Institut Catholique de Toulouse, Abouna Husam connaît très bien le Tarn.

« Je viens chaque été depuis huit ans chez les moines bénédictins d’En Calcat ». Depuis son arrivée en France, il y a un an, il passe chacun de ses week-ends au sein de la paroisse de Graulhet, à la demande de l’archevêque d’Albi. Il était donc normal, selon lui, de prendre part au pèlerinage des jeunes tarnais. « Je suis venu comme tous les prêtres, pour partager notre foi avec les jeunes du monde entier », indique-t-il. « Ces JMJ sont un signe d’espoir. Des milliers de jeunes sont présents à Cologne pour suivre le message du Christ afin de conserver une civilisation de paix, d’amour et de justice. Nous sommes les témoins de cette civilisation de demain ! ».

Parmi ces témoins, Benoît XVI figure en première place. Selon le père irakien, le nouveau pape « doit donner aux jeunes ce message de protection de la valeur humaine. C’est en fait le message de l’Evangile ». Abouna Husam espère pouvoir rentrer dans son pays prochainement et partager avec ses paroissiens, jeunes et moins jeunes (à Karachos, au nord de l’Irak) cette expérience très forte qu’il est en train de vivre. « Voir les chrétiens du monde entier vivre leur foi ensemble et découvrir une église unie pour bâtir un monde uni, voilà le message que je porterais aux habitants d’Irak », se réjouit le prêtre, col romain porté avec discrétion sous le pull. Un message qui poussera peut-être les chrétiens d’Irak (les seuls à parler encore couramment la langue de Jésus, l’araméen) « à devenir des témoins d’espérance devant leurs frères musulmans ». Comme beaucoup de personnes présentes à Cologne, Abouna Husam attend de voir ce nouveau souverain pontife. « C’est la première fois qu’il vit un grand événement comme celui-là. Un rendez-vous d’autant plus important après le décès d’un grand pape comme Jean-Paul II. On peut pas dire aujourd’hui comment il sera et comment les jeunes le percevront ».

La personnalité de Benoît XVI est encore méconnue à ce jour, « nous savons seulement qu’il est un grand théologien. Nous verrons après les JMJ quelle ampleur prendra son message ». Mardi, les autorités allemandes estimaient le nombre de pèlerins à 400 000. Un chiffre toujours important mais que le père Husam relativise. « La qualité des personnes qui portent la flamme de l’Evangile aux JMJ est plus important que le nombre de participants. Que nous soyons un ou un million, ça n’est pas grave. L’important est d’écouter le voix du Seigneur ».

par Antoine Pasquier publié dans : Portrait
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Jeudi 29 mars 2007

 

L’uniforme n’est pas encore complet, mais l’envie est déjà là. Seize garçons, âgés de 8 à 12 ans, composent, depuis dimanche dernier, 14 janvier, la première meute de louveteaux des Scouts d’Europe d’Albi. Encadrés par trois cheftaines, ils ont vécu leur première activité scoute autour du sanctuaire de la Drêche, leur paroisse de référence. La meute n’est pas la première unité de Scouts d’Europe à voir le jour sur la ville-préfecture du Tarn. L’an dernier déjà, la branche des louvettes, équivalent des louveteaux en âge, ainsi que celle des guides (12 – 17 ans) avaient été lancées grâce à l’initiative de quelques parents. Une patrouille d’éclaireurs existent également, pour l’instant rattachée à un groupe de Toulouse, faute de chefs sur Albi. La sauce prend, donc, visiblement. Il faut dire que plusieurs familles attendaient l’arrivée d’un mouvement scout de ce type sur l’Albigeois depuis de nombreuses années (il existe également des Scouts de France depuis cette année, ndlr).

La Fédération des Guides et Scouts d’Europe (FGSE) constitue l’un des trois principaux mouvements de scoutisme catholique français, avec les Scouts de France et les Scouts Unitaires de France. Avec 25 000 adhérents en France et 600 groupes locaux en métropole et en Outre-Mer, les Scouts d’Europe sont le deuxième mouvement de scoutisme du pays en terme d’effectifs. Mouvement d’éducation populaire, agréé par le ministère en charge de la jeunesse depuis 1970 et reconnue d’utilité publique, la FGSE se veut conforme à la tradition du scoutisme catholique en étant ouverte à tous ceux qui, même non baptisés, souhaitent participer à ses activités et réfléchir à une dimension spirituelle. Au niveau local, les Scouts d’Europe sont divisés en deux groupes distincts : l’un rassemblant les unités « filles » (louvettes (8 – 12 ans), les guides (12 – 17 ans) et les Guides-aînées (+ de 17 ans), l’autre le unités « garçons » (louveteaux (8 – 12 ans), les éclaireurs (12 – 17 ans) et les routiers (+ de 17 ans). L’encadrement des unités, bien que supervisé par des adultes, reste entre les mains des chefs et des cheftaines (jeunes âgés de plus de 17 ans), c’est pour cela que les Scouts d’Europe sont considérés comme un mouvement de jeunes, et non de jeunesse.

Reconnue « mouvement d’éducation » par l’Eglise catholique, la Fédération des Guides et Scouts d’Europe travaille en liens réguliers avec l’épiscopat français. Elle enseigne aux jeunes qui lui sont confiés la débrouillardise dans la nature, le sens des autres et du service, le sens de Dieu, sans oublier celui de l’effort. La pédagogie des Scouts d’Europe, comme celle de ses mouvements frères, s’appuie sur le jeu. La branche « louveteaux », par exemple, utilise comme base pédagogique le Livre de la Jungle de R. Kipling, en intégrant dans ses activités la dimension spirituelle, et notamment celle de Saint-François d’Assise, patron des Louveteaux. Comme de nombreuses associations de jeunes, la FGSE recherche sans cesse des chefs et des cheftaines prêts à s’investir pour animer et faire vivre les réunions et les camps de différentes unités.

Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 29 mars 2007

« Comment! Vous ne connaissiez pas le prieuré d’Ambialet, mais c’est presque pêché mortel! ». La longue terrasse du cloître s’étale sous le soleil couchant. Le frère Jean Ollivry, de la communauté de Saint-Jean, dans son scapulaire gris, affiche déjà son caractère jovial et empli de bonhomie. Pas de doute, l’homme n’a pas pu habiter cette demeure perchée au-dessus de la vallée du Tarn pendant 14 ans sans posséder un charisme détonnant. La pierre édifie la maison de Dieu, l’homme lui donne une âme.

Le départ définitif, vendredi ou samedi prochain, du frère Jean, résonne comme un déchirement pour la communauté catholique du secteur d’Ambialet, mais aussi pour tout le Tarn. Lui qui a vécu aux États-Unis, à Paris, à Londres, en Suisse, à Chalon-sur-Saône et au fin fond du Tarn, reprend la route, direction Roanne et le noviciat des frères de Saint Jean. « Je ne pars pas avec joie car je quitte des gens que j’aime et une église splendide. Mais je suis content d’aller plus loin et de me replonger dans mes recherches et l’enseignement de la philosophie ».

Parcourant 20000 km par an au service du diocèse, sans compter les 5000 pour sa congrégation, le frère Jean, seul depuis 5 ans, avoue qu’il commençait à « en avoir marre ». Son supérieur lui a accordé une année sabbatique. Pas une année de repos puisque le religieux retrouvera l’ami qu’il n’a jamais quitté: Aristote. Son pote pourrait-il dire. En tout cas son maître spirituel. « À Fribourg, autour de l’enseignement philosophique du père fondateur de la communauté de Saint-Jean, j’ai trouvé, chez Aristote, des éléments de réponse à ma question: qui suis je? ». C’était en 1980. Après des études de médecine, d’où il s’est fait « jeter » par manque de travail — « je cherchais qui était l’architecte qui avait créé la vie » - Jean Ollivry suit des cours d’informatique. Il deviendra ingénieur technique pour les Hôpitaux de France plusieurs années, « calculant [ses] horaires d’avion et de rendez-vous en fonction des messes quotidiennes ». Jusqu’au jour où, en 1978, il entre dans un monastère bénédictin italien, d’où il repartira un an plus tard pour la communauté de Saint-Jean.

Aujourd’hui encore, comme à l’âge de 12 ans ou de 25 ans, le frère Jean n’a de cesse de poser des questions: « faire réfléchir, c’est mon obsession et ma passion dévorante ». Rechercher encore et toujours sans savoir, procure à cet homme d’église une soif intarissable. Une soif communicative aussi. Café philo ou théologique à Albi, enseignement théologique à Ambialet ou à la Drêche avec son fidèle ami et père de famille Pierre Pelnier, cours de philo à l’Institut Catholique de Toulouse, sensibilisation des lycéens dans des établissements catholiques albigeois, le frère Jean sait captiver son auditoire. « Je le sens. Les jeunes sont mordus par ce que je leur dis! Ils posent des questions impertinentes et aiment qu’on les fasse réfléchir ». Le religieux a aussi su, et sait toujours, vivre avec son temps, selon la formule employée. « Je peux observer pendant deux heures, sans bouger, des oiseaux, en écoutant une conférence sur un MP3 ». Après ça, rien d’étonnant à ce que les jeunes décèlent en lui une aura toute particulière.

Sans oublier que le frère Jean manie l’humour avec talent. « Les grives aiment bien venir picorer les olives noires de cet arbre âgé de 700 ans. J’aime bien les mitrailler avec mon 9 mm. Pas l’appareil photo, le fusil… ». Assurément, et bien qu’il essaye de ne rien laisser paraître, le frère Jean quitte le prieuré avec un pincement au cœur. Ses oiseaux sauvages, sa vallée et son silence, son église, son cloître restauré, les petits coins cachés de la grande demeure… Tout cela, il le lègue, si l’on peut dire, à des amis. Une famille de trois enfants, un couple qu’il a connu alors qu’il accompagnait la communauté tarnaise du chemin néocatéchuménal. « Ils resteront ici une année et s’occuperont du lieu ». En espérant que l’année prochaine, deux frères franscicains du Sri Lanka, viennent s’installer au prieuré. Le frère Jean suivra le déroulement des événements d’un œil attentif depuis son noviciat. En attendant, les bagages sont prêts et il ne reste plus au frère de Saint-Jean qu’à saluer une dernière fois son patron, comme il aime à l’appeler, dans sa belle église. Qui sait, dans vingt ans le frère Jean reviendra peut-être poursuivre sa mission à Ambialet. Dieu seul sait!

Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Portrait
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