Avouons-le, la conférence de Thierry Boutet, éditorialiste au magazine Famille Chrétienne, samedi 13 janvier à la Drêche, était d’un haut niveau philosophique. Pas toujours facile de suivre les propos de l’invité des AFC du Tarn, et pourtant le conférencier visait dans le mille en optant pour cette exigence de l’esprit. « Face à la rupture très profonde de notre société avec l’histoire (…), nous avons un gros investissement intellectuel à faire », a-t-il justifié devant l’assemblée. Sans céder à la panique, ni se « lamenter sur notre situation », les chrétiens doivent bien reconnaître que le monde ne tourne plus très rond ces derniers temps, et que les bases sociétales d’autrefois ont bel et bien évoluées. Alors qu’auparavant la société était en quelque sorte tenue dans une prédestination familiale (succession professionnelle et affective), celle de 2007 est plutôt stressée et angoissée. « Les gens sont affectivement très sensibles et sujet à la dépression nerveuse », a expliqué Thierry Boutet. La cellule familiale a implosé, l’adolescence se prolonge et le rapport homme/femme est bouleversé. « Avant, on devait décider de ne pas avoir d’enfant. Aujourd’hui, il faut décider pour avoir un enfant », souligne le conférencier, et, tirant un peu la caricature, « c’est la femme qui décide aujourd’hui, réduisant l’homme à un instrument de son choix ».
Ces données nouvelles « nous obligent donc à repenser les bases de notre société », comme l’indique l’éditorialiste parisien. Reste que l’Eglise et la société civile ne donnent pas le même sens aux mots. Rappelons-nous, « les concepts qui concernent la personne humaine, dans son sens large (politique, philosophie, morale) sont nés en Grèce ». Le Christianisme a fait le lien entre la tradition grecque et la pensée judaïque, à la lumière de la Révélation. Il s’est donc approprié le sens des concepts grecs. Or, « le référentiel culturel qu’utilise aujourd’hui la société n’a plus rien à voir avec celui qu’il était auparavant », regrette Thierry Boutet. « La société a gardé les termes, en les vidant de leur sens ». Parallèlement, le Magistère de l’Eglise catholique a conservé le sens premier de ces concepts, d’où l’apparition d’un hiatus inextricable. Pis, ce hiatus divise l’Eglise elle-même, puisque « une partie d’elle a adopté ce référentiel moderne, et entraîne ainsi une incohérence de sens et de discours au sein de l’Eglise ». Le tableau n’est pas tout rose, mais Thierry Boutet touche là le cœur du sujet de sa conférence intitulée « Peut-on avoir un regard familial et chrétien sur la société ? ». Si les chrétiens et la société ne donnent pas le même sens aux mots qu’ils utilisent, le dialogue ne peut s’instaurer. Les papes, à l’instar de Jean-Paul II avec les droits de l’Homme, ont essayé et essayent toujours de résoudre ce hiatus. Des signes d’espérance existent cependant pour la minorité chrétienne pratiquante – « qui a toujours était minoritaire », précise au passage l’intervenant. « Avec le Concile Vatican II, nous sommes entrés dans un temps nouveau pour l’Eglise, un temps de semailles », annonce-t-il. « Il y a un effort de purification de la foi et de la raison entrepris par l’Eglise », prenant pour exemple le pape Benoît XVI.
Surtout, et quoiqu’en dise les sondages d’opinion, les Français conservent une dimension spirituelle très forte. « La culture a peut-être changé mais pas les gens. Les jeunes rêvent toujours de se marier, d’être fidèles et d’avoir des enfants ». Certes, le progrès scientifique entraîne de nouvelles questions, mais ce dernier « constitue un progrès positif s’il respecte l’Homme, et surtout il a permis de lancer une réflexion éthique d’un niveau tel que nous n’en avions jamais connu jusqu’à présent ». Les chrétiens ont donc un rôle à jouer dans la société, mais doivent le faire avec prudence et de manière réfléchi. « Il ne faut pas appliquer notre modèle de vie aux autres, mais il faut d’abord les aider », a insisté Thierry Boutet. Fleurir son jardin pour attirer le regard de son voisin… Idem lors d’une discussion avec des personnes sur des sujets brûlants. « Il ne faut pas essayer de convaincre l’autre, vous n’y arriverez pas ! La seule chose à faire, à la manière de Platon, est de savoir mener l’art du questionnement, aider l’autre à réfléchir et à prendre du recul ».
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Le père Jean-Marc Vigroux a beau habiter à 3960 m d’altitude, le prêtre tarnais, en mission au Pérou depuis 2002, n’en garde pas moins les pieds bien sûr terre. Toujours le mot pour rire, et la petite phrase qui fait mouche, l’ancien prêtre de la Madeleine, aujourd’hui curé du village de El Descanso, raconte toujours avec la même passion son périple sur les sommets de la cordillère des Andes. Profitant de ses vacances en France, alors que la saison des pluies bat son plein au pays des Incas, le père Vigroux est venu présenter, mercredi 21 février, à l’invitation de l’association Alto-Canas, les dernières nouvelles de son aventure humaine, salle du Pigné à Albi. 
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