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Jeudi 29 mars 2007

Avouons-le, la conférence de Thierry Boutet, éditorialiste au magazine Famille Chrétienne, samedi 13 janvier à la Drêche, était d’un haut niveau philosophique. Pas toujours facile de suivre les propos de l’invité des AFC du Tarn, et pourtant le conférencier visait dans le mille en optant pour cette exigence de l’esprit. « Face à la rupture très profonde de notre société avec l’histoire (…), nous avons un gros investissement intellectuel à faire », a-t-il justifié devant l’assemblée. Sans céder à la panique, ni se « lamenter sur notre situation », les chrétiens doivent bien reconnaître que le monde ne tourne plus très rond ces derniers temps, et que les bases sociétales d’autrefois ont bel et bien évoluées. Alors qu’auparavant la société était en quelque sorte tenue dans une prédestination familiale (succession professionnelle et affective), celle de 2007 est plutôt stressée et angoissée. « Les gens sont affectivement très sensibles et sujet à la dépression nerveuse », a expliqué Thierry Boutet. La cellule familiale a implosé, l’adolescence se prolonge et le rapport homme/femme est bouleversé. « Avant, on devait décider de ne pas avoir d’enfant. Aujourd’hui, il faut décider pour avoir un enfant », souligne le conférencier, et, tirant un peu la caricature, « c’est la femme qui décide aujourd’hui, réduisant l’homme à un instrument de son choix ».

Ces données nouvelles « nous obligent donc à repenser les bases de notre société », comme l’indique l’éditorialiste parisien. Reste que l’Eglise et la société civile ne donnent pas le même sens aux mots. Rappelons-nous, « les concepts qui concernent la personne humaine, dans son sens large (politique, philosophie, morale) sont nés en Grèce ». Le Christianisme a fait le lien entre la tradition grecque et la pensée judaïque, à la lumière de la Révélation. Il s’est donc approprié le sens des concepts grecs. Or, « le référentiel culturel qu’utilise aujourd’hui la société n’a plus rien à voir avec celui qu’il était auparavant », regrette Thierry Boutet. « La société a gardé les termes, en les vidant de leur sens ». Parallèlement, le Magistère de l’Eglise catholique a conservé le sens premier de ces concepts, d’où l’apparition d’un hiatus inextricable. Pis, ce hiatus divise l’Eglise elle-même, puisque « une partie d’elle a adopté ce référentiel moderne, et entraîne ainsi une incohérence de sens et de discours au sein de l’Eglise ». Le tableau n’est pas tout rose, mais Thierry Boutet touche là le cœur du sujet de sa conférence intitulée « Peut-on avoir un regard familial et chrétien sur la société ? ». Si les chrétiens et la société ne donnent pas le même sens aux mots qu’ils utilisent, le dialogue ne peut s’instaurer. Les papes, à l’instar de Jean-Paul II avec les droits de l’Homme, ont essayé et essayent toujours de résoudre ce hiatus. Des signes d’espérance existent cependant pour la minorité chrétienne pratiquante – « qui a toujours était minoritaire », précise au passage l’intervenant. « Avec le Concile Vatican II, nous sommes entrés dans un temps nouveau pour l’Eglise, un temps de semailles », annonce-t-il. « Il y a un effort de purification de la foi et de la raison entrepris par l’Eglise », prenant pour exemple le pape Benoît XVI.

Surtout, et quoiqu’en dise les sondages d’opinion, les Français conservent une dimension spirituelle très forte. « La culture a peut-être changé mais pas les gens. Les jeunes rêvent toujours de se marier, d’être fidèles et d’avoir des enfants ». Certes, le progrès scientifique entraîne de nouvelles questions, mais ce dernier « constitue un progrès positif s’il respecte l’Homme, et surtout il a permis de lancer une réflexion éthique d’un niveau tel que nous n’en avions jamais connu jusqu’à présent ». Les chrétiens ont donc un rôle à jouer dans la société, mais doivent le faire avec prudence et de manière réfléchi. « Il ne faut pas appliquer notre modèle de vie aux autres, mais il faut d’abord les aider », a insisté Thierry Boutet. Fleurir son jardin pour attirer le regard de son voisin… Idem lors d’une discussion avec des personnes sur des sujets brûlants. « Il ne faut pas essayer de convaincre l’autre, vous n’y arriverez pas ! La seule chose à faire, à la manière de Platon, est de savoir mener l’art du questionnement, aider l’autre à réfléchir et à prendre du recul ».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 29 mars 2007

Le père Jean-Marc Vigroux a beau habiter à 3960 m d’altitude, le prêtre tarnais, en mission au Pérou depuis 2002, n’en garde pas moins les pieds bien sûr terre. Toujours le mot pour rire, et la petite phrase qui fait mouche, l’ancien prêtre de la Madeleine, aujourd’hui curé du village de El Descanso, raconte toujours avec la même passion son périple sur les sommets de la cordillère des Andes. Profitant de ses vacances en France, alors que la saison des pluies bat son plein au pays des Incas, le père Vigroux est venu présenter, mercredi 21 février, à l’invitation de l’association Alto-Canas, les dernières nouvelles de son aventure humaine, salle du Pigné à Albi.

Depuis sa dernière visite dans l’Hexagone, en 2005, bien des choses ont changé dans la paroisse péruvienne du Padre tarnais. L’ancienne chapelle de son village a disparu, laissant place à une belle église, de style coloniale, conçue et construite par les gens du village. « Elle ressemble à la cathédrale Ste-Cécile, non? », plaisante l’ecclésiastique en commentant ses diapositives. Le père Vigroux se régale à raconter un tas d’anecdotes croustillantes, et tellement exotiques parfois. « Sur les murs de l’école du village, où je donne des cours de catéchisme, on trouve aussi bien le portrait de l’initiateur de la première révolte contre les Espagnols, que celui du fondateur du Parti Communiste et du Sacré-Cœur de Jésus. On est loin de la laïcité à la française… ». Très curieux des us et coutumes locales, l’abbé français ne rechigne pas à suivre les légendaires dévotions rendues au culte de la Terre et de la montagne. « J’ai participé à un pèlerinage dans les montagnes, à 5000 m d’altitude. J’étais déguisé en ours, comme tous les autres hommes », confie, l’air amusé, et presque gêné, le père Vigroux. Il aime aussi, ou du moins partage avec politesse, quelques plats locaux de fêtes comme le hamster…

Derrière ces histoires épicées d’humour, le père Vigroux réalise un précieux et profond travail de terrain. Premier prêtre en résidence fixe sur sa paroisse, le religieux français a été accueilli comme un « sauveur » par les habitants. Grâce à sa venue, les différents laïcs, qui animent la paroisse, ont retrouvé une dynamique jusqu’alors perdue. « Auparavant, c’était le prêtre voisin qui venait les voir, trois ou quatre fois par an ». En cinq années, outre ses tournées quotidiennes dans les villages et communautés isolées pour bénir hommes et animaux, le prêtre tarnais a permis la création d’une radio paroissiale, Santa Cruz, qui « émet de 4h30 à 21h30 chaque jour » et ce grâce à l’aide de 40 à 50 bénévoles. Il a également œuvré à la mise en place d’un centre de formation agricole sur la paroisse. « Il y a trente ans, une réforme agraire a donné la terre aux paysans », mais ces derniers n’ont que peu de connaissances agricoles pour se débrouiller encore par eux-mêmes. Répondant, comme de nombreux prêtres étrangers en poste en Amérique latine, à l’encyclique du pape Pie XII « Fidei Donum », le père Vigroux espère déjà avoir rempli une partie de sa mission: « avoir dynamisé ces gens pour qu’ils réussissent à faire survivre leur église locale ». Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 23 novembre 2006

Je ne peux m'empêcher de débuter mon blog par le livre qui accapare mes soirées : la biographie du professeur Jérôme Lejeune, généticien catholique, qui découvra le chromosome 21 dans les années 50. Ce médecin français est surtout connu pour ses prises de positions contre l'avortement et les dérives eugénistes.

Cet ouvrage, édité aux éditions de la Renaissance, pèse son poids. Il ne manque rien à la vie de la famille Lejeune, du grand-père Louis aux petits-enfants, en passant par le père de Jérôme, Pierre. On lit le livre comme un roman, et on prend plaisir à feuilleter les pages racontant l'enfance du professeur. C'est en découvrant cette époque que l'on comprend les prises de positions du professeur au long de sa carrière, et son attachement à la vie.

En tout cas, je le dévore et compte bien poursuivre ma lecture sur d'autres thèmes touchant aux mêmes questions. A ce propos, j'avais déjà lu le livre de l'évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Mgr Rey, sur la bioéthique. Passionnant et très technique, rien ne manque !

"Jérôme Lejeune", éditions de la Renaissance, 24 euros.

AP

par Antoine Pasquier publié dans : Littérature
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