Mercredi 30 janvier 2008

undefinedDevant les menaces qui pèsent sur le repos dominical, Mgr Carré appelle à retrouver le sens du dimanche: fêter la résurrection. 

Le chrétien de 2008 connaît-il encore la signification du dimanche, autrement appelé le Jour du Seigneur ? Alors que de graves menaces pèsent sur le repos dominical, « seulement instauré en France en 1906 », Mgr Pierre-Marie Carré a insisté, lors d’une conférence donnée lundi dernier à Castres, sur le sens de la sanctification du premier jour de la semaine. 
Il ne faut pas voir dans la démarche de l’archevêque d’Albi un quelconque moralisme, mais une question de bon sens. « Ce jour-là, c’est le Christ qui nous le donne pour fêter sa résurrection. C’est un point sur lequel il faut insister. Les chrétiens ne pouvant pas vivre seuls, c’est au cours des rassemblements du dimanche que se constitue le Corps du Christ ». La sanctification du dimanche ne doit pas être ressentie comme une obligation instituée par l’Église, mais comme « un moment privilégié pour construire une communauté chrétienne car nous sommes présents pour le Christ, qui nous rassemble ». Les Pères de l’Église disaient déjà, à ce propos: « si quelqu’un n’est pas là, ils manquent à l’assemblée ». Saint-Paul rappelle, lui, que « nous sommes appelés par Dieu ». 

Les paroisses doivent faire attention à l’accueil 

Le Jour du Seigneur ne se limite pas à la célébration de l’eucharistie, qui reste néanmoins le cœur vivant de la communauté, mais peut se prolonger aux travers d’autres sacrements (les baptêmes ou les ordinations, généralement célébrés le dimanche) ou de démarches personnelles. « Que fait-on les autres heures du dimanche? », s’est interrogé le père-évêque, proposant quelques pistes de réponse comme « la lecture de la parole ou de livres approfondissant notre foi », sans pour autant oublier la place de la famille et de la fête ce jour-là. 
Outre l’ouverture possible des magasins le dimanche, qui fait dire à Mgr Carré que « le repos dominical rappelle que l’Homme vaut davantage que ses actes et que les lois du marché », une autre menace pèse sur le dimanche: l’individualisme. « C’est une marque de notre temps, concède l’archevêque. Il faut voir ce que nous pouvons faire pour dépasser cet individualisme ». Mgr Carré a appelé à davantage de chaleur et d’attention des personnes au sein des paroisses. « Il faut apprendre à se connaître, à aller vers les autres ». Il a également souhaité que des initiatives paroissiales se mettent en place autant que faire se peut, comme les « dimanches autrement » où la communauté se réunit toute la matinée pour écouter la parole de Dieu, l’approfondir, célébrer l’eucharistie et terminer pour un pique-nique fraternel. 
L’épée de Damoclés dressée au-dessus du dimanche peut être l’occasion de renouer avec son but originel: nous renvoyer à plus grand que nous. « Il y a, dans le rythme de la semaine, un jour particulier qui nous invite à regarder plus haut, pour ne pas se laisser enfermer dans des préoccupations matérielles ou économiques ». Les chrétiens de Tunisie aiment à dire « qu’il est impossible de vivre sans le dimanche », cette nourriture spirituelle et fraternelle qui lance la semaine. Et ce premier jour, « c’est nous qui lui donnons de la valeur par nos attitudes et par nos choix ».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Mercredi 30 janvier 2008

La communauté des Béatitudes devra encore patienter pour voir ses statuts définitivement entérinés par le Conseil Pontifical pour les Laïcs. Ce dernier, qui avait reconnu par décret en décembre 2002 la communauté comme association internationale privée de fidèles de droit pontifical, devait approuver les statuts au bout d’une période ad experimentum de cinq années. 
Cette période a pris fin le 8 décembre dernier, mais le cardinal Rylko, président du Conseil Pontifical pour les Laïcs, a annoncé la prorogation de ce temps ad experimentum de deux années « afin de permettre la mise en œuvre d’indications qui nous ont été données et l’approfondissement de la réflexion sur notre charisme » a indiqué la communauté des Béatitudes. 

Attention à la confusion 

Cette prolongation intervient après les affaires qui ont secoué la communauté au cours de l’année 2007, notamment la communauté Saint-Luc à Vielmur-sur-Agout, accusée par deux anciens membres de dérives sectaires. Le Saint-Siège demande ainsi à la communauté des Béatitudes de clarifier son mode de fonctionnement à plusieurs égards, notamment d’éviter les psychothérapies pratiquées en communauté où pourraient se confondre dimension psychologique et psychiatrique et direction spirituelle. 
Le Vatican souhaite également que la communauté clarifie le statut de ses laïcs, consacrés et familles communautaires. « Comme le prévoient nos Statuts, ce travail s’inscrira dans le processus de préparation de l’Assemblée générale ordinaire de la Communauté, qui a été convoquée à la fin de novembre 2008 », précise un communiqué de la communauté, qui a été invitée par son Fondateur à approfondir le cœur du message de Jésus: les huit béatitudes, et à vivre ainsi cette nouvelle étape.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Jeudi 3 janvier 2008

undefinedOuverture des magasins le dimanche, réforme du divorce, venue du pape en France… Mgr Carré évoque l’actualité nationale et diocésaine des mois à venir. Entretien. 

Les évêques ont mis en place un groupe de travail sur la bioéthique; la révision des lois françaises sur ce thème étant prévue pour 2009. Quelles devraient être les réserves ou les propositions de l’Église catholique sur ce sujet ? 
Cette question nous préoccupe effectivement. Déjà, il y a quelques mois, le Cardinal Ricard avait demandé à la commission (doctrinale, ndlr) que je préside d’organiser une session de formation des évêques sur ce point. Elle aura lieu à Rennes en février, et sera découpée en quatre demi-journées, chacune avec un thème expliqué par deux intervenants: un « grand nom » et un spécialiste local. C’est Axel Kahn qui abordera la question scientifique. 
L’aspect juridique sera présenté par un conseiller d’État et un avocat breton. La partie théologique et morale sera détaillée par un jésuite belge, le père Alain Mattheeuws, et par un médecin catholique. Deux évêques interviendront enfin: le Cardinal Vingt-Trois, qui est moraliste, et l’archevêque de Rennes, président du groupe de travail « Bioéthique ». Les réserves et les propositions seront faites par ce groupe de travail, à la lumière de la formation qui nous aidera à bien saisir tous les enjeux et à pouvoir en discuter localement si besoin. 

Le gouvernement souhaite élargir la législation sur l’ouverture des magasins le dimanche. L’Église ressent-elle cette réforme comme une attaque envers le repos dominical ?
 Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’immense déclaration choc de l’Église parce que sa position est connue sur ce sujet. Ce que mettent en avant les « pour », c’est une forte demande des consommateurs; et ce que mettent en évidence les « contre », c’est les salariés qui ne seront pas gagnants et la vie familiale qui sera menacée. Il y a une logique de l’argent qui nous menace. Si on y cède, je ne crois pas que la société y soit vraiment gagnante en fin de compte. Il existe d’autres activités de loisirs, de détente, culturelles et cultuelles le dimanche que d’aller se promener dans des grandes surfaces. 
J’ai cependant peur qu’il y ait un tel poids des finances que ça emporte tout. Au début du 20e siècle, on s’est battu pour le bien de la personne humaine et de la famille, je ne voudrais pas qu’au nom d’autres principes, on perde l’acquis de ces principes-là. 

Le gouvernement travaille sur une simplification de la procédure du divorce. N’assistons-nous pas à une banalisation de celui-ci comme simple acte juridique constaté par le notaire? Quel risque présente cette réforme pour la société ?
 Ceux qui promeuvent cette réforme ne voient qu’un aspect des choses: simplifier les procédures pour alléger la charge des tribunaux et faciliter la vie des couples qui se déchirent. Ces deux raisons méritent d’être regardées, mais suffisent-elles par rapport au risque qu’elles font encourir ? Le mariage n’est pas simplement un geste formel qui tend à être de plus en plus privé. C’est la dimension sociale du mariage qu’il nous faut retrouver. 
Beaucoup de choses sont regardées sous l’angle de la sphère privée, mais la société n’est pas simplement une addition de situations privées. La société n’est-elle là que pour les biens ou les intérêts que je peux en tirer, ou pour le bien commun? Encore une fois, ce sont les petits et les pauvres qui vont être perdants. Devant les motifs avancés par cette réforme, j’ai peur qu’à vouloir régler certaines questions, on n’en crée d’autres. 

Les évêques en savent-ils plus sur la venue du Pape en France, peut-être à l’automne 2008 ?
Non, on attend. Nous savons seulement que le Saint-Père a accepté l’invitation envoyée par Mgr Perrier, évêque de Lourdes. J’ai déjeuné avec celui-ci le 8 décembre dernier. Il espérait que Benoît XVI vienne le 31 mai, mais c’est le pape qui décide. Il n’a pas une santé de fer, et les voyages qu’il a entrepris ne sont pas comparables à ceux de Jean-Paul II au début de son pontificat. Je ne pense donc pas que Benoît XVI s’amuse à courir la France en trois jours. 

En visite officielle au Vatican, Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de voir naître une laïcité positive. Comment avez-vous accueilli ce discours ?
 Ce discours rejoint le livre qu’il avait écrit en 2005 « La République, les religions, l’espérance », dont j’ai lu les bonnes feuilles. Dans beaucoup d’esprits, la laïcité signifie que les sentiments religieux sont du domaine privé. Pourquoi aurait-on le droit d’exprimer ses opinions politiques, artistiques… et pas ses opinions religieuses ? Cette conception de la laïcité existe encore malheureusement. 
Pourtant, si on se réfère au premier article de la loi de 1905, celui-ci stipule que la République assure la liberté de conscience. L’Église a sa place dans la société, sans pour autant qu’elle impose ce qui lui paraît décisif. Il est normal, et Nicolas Sarkozy l’a dit lors d’une interview, que l’Église, comme tout groupe, puisse dire clairement, et sans être accusée de tous les maux de la Terre, ce qu’elle pense. 

Vous avez souhaité mettre en place, en 2006, une pastorale des jeunes sur le diocèse. Les JMJ de Sydney, en juillet prochain, marquent la fin de la mission qui lui a été confiée. Pensez-vous prolonger son action ?
Une pastorale auprès des jeunes n’est jamais finie. Il y aura toujours à poursuivre la mission auprès des jeunes, mais peut-être de manière moins intense. C’est encore tôt pour en dire plus. Dans les prochains mois, des dispositions vont être réfléchies et prises. 

Benoît XVI vient de signer le décret lançant le processus de béatification d’Emilie de Villeneuve. Où, quand et comment se déroulera cette béatification ?
J’ai vu la supérieure générale des Sœurs de l’Immaculée Conception, dites Sœurs Bleues de Castres, qui était venue me voir quelques jours avant que le décret du Pape soit signé, et nous avons envisagé l’année 2009. Notamment parce qu’il y a un cardinal de Rome qui vient et qu’il faut donc regarder avec lui le moment qui lui convient, mais également car il y a un changement de supérieure générale de l’ordre en 2008. 
Surtout, il faut une préparation spirituelle pour faire découvrir qui est Émilie de Villeneuve, sa vie, sa spiritualité, pourquoi est-elle bienheureuse. C’est donc l’affaire de 18 mois. Pour le lieu, ce sera à Castres, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura rien ailleurs. On pense qu’aucune église de Castres n’est assez grande, il faudra sûrement un lieu en plein air. Tout ça reste à définir, le chantier est ouvert ! 

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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