Il s’est exilé pour mieux revenir. Husam Shaabo, 38 ans, est prêtre en Irak, son pays natal, depuis sept ans. « Abouna » comme on le surnomme (ce qui signifie père en araméen) appartient à l’église catholique syriaque. Paradoxalement, il vit ce rassemblement mondial de jeunes pour la première fois, alors que les JMJ fête leur vingtième édition à Cologne. Pas étonnant selon lui, « pour l’Irak, vu le contexte politique d’autrefois, il était difficile d’y participer avant ». Venu en France pour terminer ses études et renforcer ses bases en français, au sein de l’Institut Catholique de Toulouse, Abouna Husam connaît très bien le Tarn.
« Je viens chaque été depuis huit ans chez les moines bénédictins d’En Calcat ». Depuis son arrivée en France, il y a un an, il passe chacun de ses week-ends au sein de la paroisse de Graulhet, à la demande de l’archevêque d’Albi. Il était donc normal, selon lui, de prendre part au pèlerinage des jeunes tarnais. « Je suis venu comme tous les prêtres, pour partager notre foi avec les jeunes du monde entier », indique-t-il. « Ces JMJ sont un signe d’espoir. Des milliers de jeunes sont présents à Cologne pour suivre le message du Christ afin de conserver une civilisation de paix, d’amour et de justice. Nous sommes les témoins de cette civilisation de demain ! ».
Parmi ces témoins, Benoît XVI figure en première place. Selon le père irakien, le nouveau pape « doit donner aux jeunes ce message de protection de la valeur humaine. C’est en fait le message de l’Evangile ». Abouna Husam espère pouvoir rentrer dans son pays prochainement et partager avec ses paroissiens, jeunes et moins jeunes (à Karachos, au nord de l’Irak) cette expérience très forte qu’il est en train de vivre. « Voir les chrétiens du monde entier vivre leur foi ensemble et découvrir une église unie pour bâtir un monde uni, voilà le message que je porterais aux habitants d’Irak », se réjouit le prêtre, col romain porté avec discrétion sous le pull. Un message qui poussera peut-être les chrétiens d’Irak (les seuls à parler encore couramment la langue de Jésus, l’araméen) « à devenir des témoins d’espérance devant leurs frères musulmans ». Comme beaucoup de personnes présentes à Cologne, Abouna Husam attend de voir ce nouveau souverain pontife. « C’est la première fois qu’il vit un grand événement comme celui-là. Un rendez-vous d’autant plus important après le décès d’un grand pape comme Jean-Paul II. On peut pas dire aujourd’hui comment il sera et comment les jeunes le percevront ».
La personnalité de Benoît XVI est encore méconnue à ce jour, « nous savons seulement qu’il est un grand théologien. Nous verrons après les JMJ quelle ampleur prendra son message ». Mardi, les autorités allemandes estimaient le nombre de pèlerins à 400 000. Un chiffre toujours important mais que le père Husam relativise. « La qualité des personnes qui portent la flamme de l’Evangile aux JMJ est plus important que le nombre de participants. Que nous soyons un ou un million, ça n’est pas grave. L’important est d’écouter le voix du Seigneur ».
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« Comment! Vous ne connaissiez pas le prieuré d’Ambialet, mais c’est presque pêché mortel! ». La longue terrasse du cloître s’étale sous le soleil couchant. Le frère Jean Ollivry, de la communauté de Saint-Jean, dans son scapulaire gris, affiche déjà son caractère jovial et empli de bonhomie. Pas de doute, l’homme n’a pas pu habiter cette demeure perchée au-dessus de la vallée du Tarn pendant 14 ans sans posséder un charisme détonnant. La pierre édifie la maison de Dieu, l’homme lui donne une âme.
Avouons-le, la conférence de Thierry Boutet, éditorialiste au magazine Famille Chrétienne, samedi 13 janvier à la Drêche, était d’un haut niveau philosophique. Pas toujours facile de suivre les propos de l’invité des AFC du Tarn, et pourtant le conférencier visait dans le mille en optant pour cette exigence de l’esprit. « Face à la rupture très profonde de notre société avec l’histoire (…), nous avons un gros investissement intellectuel à faire », a-t-il justifié devant l’assemblée. Sans céder à la panique, ni se « lamenter sur notre situation », les chrétiens doivent bien reconnaître que le monde ne tourne plus très rond ces derniers temps, et que les bases sociétales d’autrefois ont bel et bien évoluées. Alors qu’auparavant la société était en quelque sorte tenue dans une prédestination familiale (succession professionnelle et affective), celle de 2007 est plutôt stressée et angoissée. « Les gens sont affectivement très sensibles et sujet à la dépression nerveuse », a expliqué Thierry Boutet. La cellule familiale a implosé, l’adolescence se prolonge et le rapport homme/femme est bouleversé. « Avant, on devait décider de ne pas avoir d’enfant. Aujourd’hui, il faut décider pour avoir un enfant », souligne le conférencier, et, tirant un peu la caricature, « c’est la femme qui décide aujourd’hui, réduisant l’homme à un instrument de son choix ».
Le père Jean-Marc Vigroux a beau habiter à 3960 m d’altitude, le prêtre tarnais, en mission au Pérou depuis 2002, n’en garde pas moins les pieds bien sûr terre. Toujours le mot pour rire, et la petite phrase qui fait mouche, l’ancien prêtre de la Madeleine, aujourd’hui curé du village de El Descanso, raconte toujours avec la même passion son périple sur les sommets de la cordillère des Andes. Profitant de ses vacances en France, alors que la saison des pluies bat son plein au pays des Incas, le père Vigroux est venu présenter, mercredi 21 février, à l’invitation de l’association Alto-Canas, les dernières nouvelles de son aventure humaine, salle du Pigné à Albi.
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