Ordonné prêtre le 3 juin à 15h à la cathédrale d’Albi, Sébastien Diancoff se dévoile en répondant au questionnaire de Proust.
Le bonheur parfait selon vous?
La béatitude. Être en adéquation avec ce que le Christ nous demande de vivre et accueillir pleinement l’amour de Dieu pour le redonner aux autres. Il y a une quête de la perfection qui est source de difficultés. Il faut savoir accueillir ce qu’il y a de beau dans notre vie. L’accumulation de petits bonheurs contribue au Bonheur.
Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?
Lors d’un rassemblement de jeunes du MEJ à Chartres. À l’époque, j’étais encore étudiant en droit et j’accompagnais des jeunes de Brassac. J’y allais en traînant les pieds. Mais en voyant ses jeunes hors du cadre habituel, qui vivaient quelque chose de fort, j’ai participé à leur joie.
Votre dernier fou rire?
J’en ai beaucoup. Au séminaire, avec mes collègues séminaristes, ça m’arrive souvent.
Et la dernière fois que vous avez pleuré?
Hier (jeudi de l’Ascension, ndlr), lors du baptême de mes petites cousines de 9 et 10 ans. C’est après la célébration que j’ai réalisé la chose. J’ai été submergé d’une profonde émotion, notamment parce que ce baptême était une démarche personnelle de leur part.
Le principal trait de votre caractère?
Réservé et prudent.
Celui dont vous êtes le moins fier?
Mon manque de spontanéité.
Votre occupation préférée?
Faire du sport, du football notamment, et prendre des temps de convivialité avec mes amis et ma famille. La marche aussi.
Votre plus grande peur?
La peur de décevoir en amitié.
La figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler?
Le Christ, mais en étant un pâle reflet du modèle.
Votre philosophe préféré?
Vladimir Jankélévitch, pour son travail sur le pardon et la difficulté à pardonner l’impardonnable.
Votre livre de chevet?
« L’œuvre au noir » de Marguerite Yourcenar, que j’ai lu plusieurs fois.
De quel saint ou sainte le monde a-t-il besoin?
Le monde a besoin de saints qui rayonnent la grâce de Dieu, qui soient en cohérence entre ce qu’ils annoncent et ce qu’ils vivent, qui témoignent de la force de Dieu en eux dans leur milieu, qui aient l’audace de dire que ce qui les fait vivre, c’est le Christ.
Quelle est la plus grande force de l’Eglise?
C’est l’Esprit Saint qui agit en elle.
Sa faiblesse?
De ne pas suffisamment accueillir l’Esprit Saint et d’être repliée sur elle-même, sur un fonctionnement. D’oublier que sa source, c’est le Christ, qui la pousse à aller vers un accomplissement.
Le plus grand mal de notre époque?
L’indifférence par rapport aux autres et par rapport aux questions touchant à la métaphysique ou à la foi. Vivre sans se poser de questions sur la vie et chercher le bonheur partiel dans des choses immédiates.
Le talent que vous voudriez avoir?
Être un expert en amitié. C’est une des grandes qualités que d’arriver à faire croître l’amitié dans les autres au lieu d’être critique tout le temps.
Votre plus grand regret?
D’avoir laissé tomber des amitiés et d’avoir oublié des amis par paresse ou autres.
Que détestez-vous par-dessus tout?
L’hypocrisie, le manque de vérité, la trahison.
Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence?
Les fautes de goût…
Comment aimeriez-vous mourir?
Dans la paix du Christ.
Qu’aimeriez-vous que Dieu vous dise?
« Bienvenu », du moins j’espère.
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