Dimanche 24 juin 2007

Archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des Evêques de France (CEF), Mgr Ricard a été Scout de France de 1952 à 1962 à Marseille.

 

Quels souvenirs gardez-vous de vos années scoutes ?

Ce sont fondamentalement les camps qui m’ont marqués, avec ce que j’ai découvert de la nature. Je pense aux camps faits dans les Alpes, et à un autre en Corse. Une année, alors que j’étais aumônier scout, nous avons descendu la Dordogne en bateaux. Nous avions aménagé des toits d’estafette comme des caissons. Après cette descente, nous avions fait un camp classique près de l’abbaye de Cadouin.

Que vous a apporté le scoutisme dans votre vie ?

Il m’a apporté deux choses : le sens du groupe et l’intériorité. La vie en groupe a été essentielle pour moi dans la construction de ma propre personnalité. Il m’a appris à me décentrer, à ne pas penser qu’à moi, à mes loisirs… mais à davantage penser équipe, patrouille. Réfléchir avec d’autres aussi. La responsabilité de s’occuper de plus jeunes m’a été utile dans l’apprentissage du service des autres. Le scoutisme m’a permis l’apprentissage d’une intériorité. Certes, on préparait la messe au camp, mais ce qui m’a le plus apporté, ce sont les gardes que l’on faisait la nuit, auprès du feu, après la veillée. J’en garde deux choses : la contemplation du ciel et les moments où je revivais l’Evangile. J’étais dans une solitude qui m’invitait à creuser ma relation à Dieu.

Quel a été son apport dans votre vocation sacerdotale ?

C’est au scoutisme que je dois, je crois, le premier appel. Je peux le dater. C’était à Pâques 1959. Après la veillée, le soir, j’ai parlé un moment avec notre aumônier. Et ce prêtre, avec qui j’étais en confiance, m’a posé cette question : «n’as-tu jamais pensé à être prêtre ?». Je me suis entendu lui répondre : «non, mais je veux bien y réfléchir». Ce jour là, j’ai senti une grande joie, comme si tout à coup l’avenir s’éclairait. Cette joie a duré quatre jours, et c’était la semaine sainte. Quand je lui ai dit cela, l’aumônier m’a répondu «c’est bien, tu as le temps. On en reparlera». J’ai ensuite cheminé pendant quatre ans avant d’entrer au séminaire.

Que souhaitez-vous au scoutisme pour les cent ans à venir ?

Je lui souhaite l’apprentissage du sens de l’Autre, c’est à dire de cette attention et de cette confiance faite à Dieu, mais aussi du sens des autres. Dans une société qui appelle chacun à être attentif à son propre bonheur, il est important de rappeler que celui-ci ne s’atteind pas en se repliant sur soi-même. Il ne peut être atteint que s’il intègre le service de l’Autre, le services des autres. Il y a une pédagogie d’ouverture du scoutisme : d’ouverture aux autres, d’ouverture au monde. Cette dimension universelle et universaliste du scoutisme est capitale.

 

 Propos recueillis par A. Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Dimanche 24 juin 2007

Lorsque l’on évoque le scoutisme, on pense d’emblée au jeu. Est-il sérieux de baser une pédagogie sur le jeu ?

Non, ça ne l’est pas, et c’est pour cela que ça plait aux enfants ! Je ne sais pas si c’est sérieux mais en tout cas c’est extrêmement d’actualité puisque les adultes passent leur temps à jouer (loto, émissions…). La grande intuition du scoutisme, qui fait qu’il est encore vivant cent ans après, c’est que la psychologie de l’enfant n’a pas beaucoup changé. Les enfants aiment toujours joué et le bon moyen pour leur faire apprendre tout ce que l’on veut, c’est de les faire apprendre en jouant. Comme on dit dans l’évangile, «on juge l’arbre par ses fruits», la pédagogie du scoutisme, qui repose essentiellement sur le jeu, a fait ses preuves en terme d’efficacité et d’attrait pour les enfants.

Quels talents le jeu développe-t-il chez le jeune ?

Il développe tous les talents. Le jeu c’est une manière d’être et un art de vivre. C’est protéiforme. C’est un grand moteur de la vie humaine, comme le plaisir, la curiosité ou le pouvoir. La quête de Dieu est aussi un jeu, une sorte de jeu de piste. Dieu nous a donnés des traces de sa présence et il nous dit : «trouve-les ! Trouves-les dans ta vie, dans celle des autres».

Dans votre livre, vous affirmez que le scoutisme est le meileur vaccin contre la «bof génération». Qu’entendez-vous par là ?

L’âge «adolescent» n’est pas évident. Parfois, on a envie de les secouer. Jusqu’à l’âge de 12-13 ans, les jeunes sont curieux, attentifs. Après, plus rien n’a de goût, on se traîne un peu… C’est le côté un peu bof. Le scoutisme, c’est l’anti-ramollissement car on est en permanence stimulé par le défi, le jeu, la progression personnelle et par le groupe qui nous tire. Le scoutisme stimule, provoque les adolescents.

C’est devenue une chose rare, aujourd’hui, de confier des responsabilités à des jeunes ?

Oui, il faut reconnaître ça au scoutisme. Et encore, avant, les règles étaient moins strictes ! La recherche du «risque zéro» n’existait pas. Plus que jamais le scoutisme est une école de liberté et de prise de conscience des risques que l’on prend en étant responsable du plus jeune et du plus faible. La grande actualité du scoutisme, c’est que, dans un monde où les enfants sont surprotégés, on puisse quitter le cocoon des parents et de la société pour partir vivre en groupe dans la nature et prendre des risques mesurés. C’est comme cela que l’on apprend aussi jusqu’où l’on peut aller. Le scoutisme est une extraordinaire école d’apprentissage de ce que je peux faire, de ce que je dois faire.

Tout le monde connaît la fameuse BA scoute. Pourquoi le scoutisme a-t-il érigé le service comme un idéal ?

C’est l’anthropologie chrétienne. Saint-Paul dit «qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir». On sait, par 2000 ans d’expérience et par la parole de Dieu, que c’est dans le service que soi-même on grandit en s’ouvrant à l’autre et en découvrant la grandeur du mystère de l’Homme dans l’autre. A l’âge des louveteaux/jeannettes (8-12 ans), ce qui est très difficile, c’est qu’ils commencent à dire «moi d’abord». Ils doivent tout recevoir de leur maman, donc des gens qui les entourent. Le scoutisme leur fait découvrir, petit à petit, qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont meilleurs lorsqu’ils se mettent au service de l’autre.

Dans le scoutisme, il existe une certaine forme de dépouillement et de simplicité. Est-ce-que cette façon de vivre est une forme de liberté à redécouvrir ?

La simplicité des moyens qui est promue par le scoutisme oblige à l’inventivité, à la créativité. Et donc révéle les talents. C’est le jeune qui doit faire l’animation, inventer des jeux… Ce ne sont pas des jeux d’ordinateur, c’est les jeunes qui inventent l’histoire. Il y a un côté magique dans le scoutisme.

Quels sont les fruits du scoutisme dans la société et l’Eglise ?

Il y a plusieurs pistes. Le sens de la responsabilité, c’est certainement le plus important. Jamais un scout ne dira «je suis responsable mais pas coupable». Un certain tonus, une joie de vivre. Une contre-culture aussi, car le scoutisme ce n’est pas du blabla. Il est difficile de parler du scoutisme sans le vivre ! Les fruits au sein de l’Eglise sont innombrables. Le scoutisme est un lieu idéal d’apprentissage de la vie chrétienne, que ce soit par le nombre de mariages entre chefs et cheftaines ou par le nombre de vocations sacerdotales ou religieuses.

 

Propos recueillis par A.P.

 

* Philippe Verdin est l’auteur du livre «Les pieds sur terre et la tête dans le ciel. Spiritualité du scoutisme», aux Editions Cerf. Il est également aumônier national chez les Scouts Unitaires.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Dimanche 3 juin 2007

Sébastien Diancoff, diacre de la paroisse Albi sud, a été ordonné prêtre, dimanche 3 juin, en la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. Devant sa famille, ses amis et une assemblée nombreuse, le jeune homme originaire de Brassac a rejoint la grande famille des prêtres du diocèse d'Albi.

En fin de célébration, Mgr Pierre-Marie Carré a annoncé que le nouveau prêtre tarnais était affecté à la paroisse de Castres Nord. Paroisse au sein de laquelle il poursuivra ses études de théologie, et notamment son mémoire de fin d'études.

L'archevêque d'Albi a également profité de cette célébration pour rendre hommage au vicaire général, le père Claude Cugnasse. Après de nombreuses années à ce poste, le curé de Lavaur va céder sa place au père Bruno Bories, en septembre prochain.

Retrouvez les principales photos de cet événement dans l'album-photos intitulé "Ordination de Sébastien Diancoff", ainsi que dans le prochain numéro de l'Echo du Tarn, jeudi 7 juin.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Vendredi 1 juin 2007

La Maison Bethléem de Toulon accueille temporairement de jeunes mères en détresse.

Cette association a été fondée en 2003 par Mgr Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon. Une quarantaine de femmes y ont déjà été accueillies. La Maison Bethléem, dispose de studios meublés à la disposition de femmes enceintes ou de jeunes femmes, envoyées par les assistantes sociales de la ville, pour une durée de 6 mois. Chacune vit de façon autonome, le but étant de reprendre pied, le temps de chercher une situation plus stable.

L'encadrement se fait par des bénévoles, pour la plupart de jeunes mères de famille.

D'autres associations aident aussi les mères en difficultés. Elles sont répertoriées sur le site www.sosbebe.org

Source : Famille Chrétienne - genethique.com

par Antoine Pasquier publié dans : Actualité
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