Mercredi 31 octobre 2007

Une-tresor-eglise.jpgLe cambriolage de l’église de la Madeleine à Albi en milieu de semaine dernière remet le projecteur sur un phénomène en constante évolution. Des cambrioleurs ratissent tout un territoire à la recherche d’objets de culte bien précis. Explications. 

Finies les visites libres? Le repos paisible et frais du touriste de passage dans la petite église du village? Se dirige-t-on, comme c’est déjà le cas dans de nombreux bourgs isolés, vers une fermeture à double-tours des portes de tous les édifices religieux? La question se pose, particulièrement dans le Midi de la France et dans le Tarn, après la série de vols perpétrés par des bandes visiblement organisées dans les cathédrales (Perpignan en septembre, ndlr), les églises ou les chapelles, et ce de jour comme de nuit. 
Sur le département, au cours de l’été dernier, sept églises ont fait l’objet d’un pillage. Ostensoirs, calices, ciboires, encensoirs et autres mobiliers de culte ont été volés. Par qui? Pour quoi? Pour qui? Ces questions restent toujours en suspens, même si la piste de commandes ciblées est privilégiée (voir ci-dessous, ndlr).

La Madeleine à Albi cambriolée

Dernier fait en date, le cambriolage de l’église Sainte-Madeleine, à Albi, dans la nuit du mercredi 24 au jeudi 25 octobre. « Les malfaiteurs se sont laissés enfermer dans la sacristie », constate, désolé, le père Michel Bousquet, curé de la paroisse Albi-nord. Aucun signe d’effraction n’a été relevé par les forces de l’ordre, les voleurs ont certainement « dû profiter de la tenue d’une sépulture, dans l’après-midi, pour se glisser par la porte latérale », restée ouverte. Il ne leur suffisait plus alors qu’à se cacher « dans un coin de la chaufferie de la sacristie » - dont, par ailleurs, ils ont aussi dérobé la clé - et attendre la nuit. 
Pour l’heure, seule une partie du ciboire (vase sacré qui renferme les hosties, ndlr), qui se trouvait dans le tabernacle, a été volée. Les hosties consacrées, conservées en son sein, n’ont heureusement pas été emportées, mais jetées à terre, ce qui exclut le vol en vue de célébrations occultes (type messe noire). Mais l’étendue du préjudice n’est pas encore totalement connue. En effet, de nombreux calices, ostensoirs et encensoirs étaient rangés dans un coffre, situé dans la sacristie. Les cambrioleurs ont réussi à trouver la clé, malencontreusement cachée dans un des tiroirs de la sacristie, et sont repartis avec. 
Lundi dernier, le père Bousquet, dépourvu de double des clés, n’arrivait toujours pas à ouvrir ledit coffre. « Il y avait une planque dans un des tiroirs », reconnaît le prêtre. « Déjà, lors des travaux de l’église, des individus avaient essayé d’ouvrir le coffre mais n’avaient pas trouvé la clé ». Il y a, évidemment, peu de chances de retrouver le coffre rempli une fois celui-ci ouvert… 

Pas d’utilisation à des fins contraires à la foi 

Ces vols en série inquiètent les responsables du diocèse d’Albi autant que les autorités civiles. En avril 2006, après une première série de pillages du côté de Lavaur et Rabastens, l’archevêque et le préfet du Tarn « ont voulu qu’il y ait un inventaire, avec photos et descriptions écrites, des objets présents dans les églises, que ces derniers appartiennent à la commune (objets avant 1905, ndlr) ou à la paroisse », précise le père Bruno Bories, vicaire général du diocèse d’Albi. 
Une vingtaine de communes et paroisses seulement ont entrepris cet inventaire. Une seconde piqûre de rappel a dû être faite en août dernier, alors que diverses églises du diocèse avaient déjà été visitées, via une lettre de l’économe diocésain adressée à tous les prêtres diocésains. « Il est important d’être attentif à ce que l’on possède dans nos églises, car ces objets sont, non seulement des objets servant au culte, mais également un héritage et un souvenir de la foi de nos pères », estime le vicaire général. « Nous demandons aux chrétiens d’avoir un œil attentif pour ne pas que de tels vols se reproduisent ». 
Toutefois, même si l’Église appelle à la vigilance, elle refuse de tomber dans le travers de la suspicion. « On ne peut que déplorer ces faits, car ils nous touchent en tant que chrétiens, mais il ne faut pas non plus sombrer dans une méfiance systématique vis-à-vis de toutes les personnes qui entreraient dans une église ». Le père Bories écarte, comme Sylvie Desachy, conservateur des antiquités et objets d’art du Tarn, toute possibilité d’utilisation de ces objets pour des « pratiques contraires à la foi » selon les termes du prêtre.

Photo : Pascal Buguet

par Antoine Pasquier publié dans : Actualité
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Mercredi 31 octobre 2007

Le département du Tarn a connu un phénomène ponctuel au mois de juillet dernier. Entre le 11 et le 20 juillet, sept églises (Lacaune, Montredon-Labessonnié, Cadalen, Viane, Monestiès, Vabre et Gaillac) ont été cambriolées. Alors que sur toute l’année 2006, quatre cambriolages d’églises ont été recensés sur le département. . D’autres départements que le Tarn ont connu le même phénomène. 
En Aveyron, ce sont dix églises qui ont été visitées. Les cathédrales de Toulouse et de Perpignan ont été purement et simplement pillées de tous les objets d’orfèvrerie datant de la fin du XIXe siècle et du début XXe.
Le trafic des objets d’art est très difficile à appréhender car il se développe au niveau national et international. Le nord de l’Europe (Hollande et Belgique notamment) est connu pour être une plaque tournante du trafic.

par Antoine Pasquier publié dans : Actualité
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Mercredi 3 octobre 2007

chretiens-xavier-lacroix.JPGDans le cadre de sa mission, la paroisse de Gaillac avait invité le théologien Xavier Lacroix à parler du mariage chrétien, lundi. 

Xavier Lacroix le sait. Pour défendre sa thèse, il faut parfois utiliser les mêmes armes que ses détracteurs, et en l’occurrence, sur le mariage, le théologien lyonnais utilise… les sondages. « En 2002, 95 % des jeunes âgés de 18 à 25 ans affirmaient vouloir construire un couple qui dure toute la vie ». Voilà un premier chiffre éloquent, mais d’autres suivent aussitôt au cours de la conférence que le spécialiste du couple donnait lundi 1er octobre à Gaillac. « Effectivement, 37 % des couples aujourd’hui se séparent, mais 61 % ne divorcent pas, 95 % des enfants vivent avec leurs deux parents, il y a six fois plus de séparations chez les concubins et trois fois plus chez les pacsés que chez les mariés ». 
Cette brève introduction fait évidemment mouche, et le mariage voit son blason quelque peu redoré en cette période de « la culture du provisoire, du jetable », mais de là à faire comprendre pourquoi le mariage chrétien est indissoluble, c’est un tout autre pas - gigantesque - à franchir. 

Je, Tu et Nous 

Propriété essentielle du mariage, avec l’unité (monogamie), l’indissolubilité est, reconnaît Xavier Lacroix, un « terme négatif ». Il lui préfère le terme d’alliance, symbolique dans la culture judéo-chrétienne. « Aujourd’hui, que se passe-t-il lorsque l’on aime? On prend de la valeur au regard de l’autre, et l’autre prend du prix à mes yeux. On vit l’un dans l’autre ». 
Mais attention, l’amour ne doit être vécu dans l’imaginaire, « il n’est pas question de rêve de fusion ou de couple parfait. L’amour doit se traduire dans la réalité, c’est-à-dire la liberté. C’est là que l’alliance apparaît ». Et pour mieux illustrer son propos, le théologien prend l’exemple des deux anneaux qui se recoupent, intersection de deux histoires. « La merveille de l’alliance, c’est qu’il y a l’apparition d’une troisième personne. À côté du « Je » et du « Tu », il y a « Nous ». C’est de là que vient le mot « conjugal », car on conjugue notre vie au pluriel ». Faire alliance avec quelqu’un suppose, oublie-t-on trop souvent, accepter de se faire transformer par l’autre. « Ma relation à l’autre me modifie, c’est évident. Il y a donc quelque chose d’irréversible dans l’alliance. D’ailleurs, les personnes divorcées le savent bien, l’autre emporte toujours une part de moi en lui, et inversement ». 

La volonté sert l’amour 

Passer du sentiment amoureux à l’alliance, c’est une chose, mais pourquoi vouloir durer, vieillir ensemble? Xavier Lacroix dégage trois raisons humaines, selon lui, qui poussent à cela. « Il y a d’abord le sens de la parole donnée. Tout le monde a du respect pour cette parole donnée. Ensuite, on veut durer pour le bien des enfants. Il est important de rappeler que l’on ne se marie pas seulement pour unir un amour mais pour fonder une famille. Enfin, ce lien pour toujours est une chance sans équivalent pour avancer, d’une part parce que l’on a jamais fini de découvrir l’autre et, d’autre part, parce que cela permet un excellent travail sur soi-même ». 
Mais le théologien sait que l’homme n’est pas infaillible, et qu’il a besoin de ressources dans lesquelles puiser pour maintenir son couple. Il y a bien sûr les ressources dites spontanées (le désir, la tendresse et la parole), qui peuvent s’user, mais il y a également et surtout « la patience, l’espérance, le pardon et la volonté. Sans cette dernière, il n’y aurait pas d’amour. La volonté, c’est le désir assumé ». Mais comme tout autre, ce désir risque de s’épuiser, sauf s’il y a une source plus profonde que le désir, et que Saint-Augustin a défini comme la fides, c’est-à-dire la loyauté, la confiance et la foi. 
L’Eglise, qui se doit de respecter la parole de Jésus - « ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas » - comprend qu’un mariage puisse être irrémédiablement détruit. Dans ce cas, elle invite à tout essayer pour le sauver. Si ce n’est pas possible, elle propose deux attitudes: rester fidèle au premier lien en ne se remariant pas, et « si il y a remariage, il ne faut pas faire comme si la première union n’avait pas existé, mais se réconcilier, continuer à apporter son secours à son ex-époux (se), subvenir aux besoins des enfants… Quelle que soit notre situation, il y a toujours un appel à la sainteté ».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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