Le Tarn n’est pas un département inconnu pour vous. À quelle occasion y êtes-vous
déjà venu ?
Enfant et adolescent, j’y ai passé toutes mes vacances scolaires, et à l’époque, « les grandes vacances », comme on les appelle aujourd’hui, duraient jusqu’au 2 octobre!
Je crois que la première fois que j’y ai mis les pieds, je devais avoir 18 mois. J’y suis ensuite retourné jusqu’à mes vingt ans, lorsque j’étais en faculté. J’étais accueilli par mes
grands-parents, métayers sur Saïx et Guitalens. Quelque part, le Tarn est ma « patrie d’adoption ».
Ces périodes tarnaises ont-elles joué un rôle dans la vocation que vous avez suivie? Gardez-vous des souvenirs précis de certains faits ou personnes ?
Ce département
m’est assurément associé à une certaine ferveur catholique. La famille au sein de laquelle je passais mes vacances était très pratiquante, c’était d’ailleurs la seule branche de ma famille à
l’être. Je me souviens que nous allions à la messe à Guitalens, où l’assistance y était très nombreuse. Le curé, un vieux prêtre, élevait souvent la voix lors de ses sermons. Chaque dimanche, on
se demandait à qui il allait s’en prendre. En réalité, c’était un homme de cœur et, par affection pour eux, il entretenait une forme de correction de père spirituel envers ses enfants. Quand il
est mort, le village a ressenti une grande tristesse.
Vous quittez Angers pour prendre vos fonctions de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique, à Rome, le 1er février. Quelles vont être vos principales missions
?
Elles sont au nombre de trois. Je suis responsable de l’ensemble des universités catholiques du monde entier. C’est la plus importante de mes missions puisqu’elle devrait occuper 70 % de mon
temps. J’ai ensuite la charge de tous les séminaires, sauf ceux qui dépendent de certaines congrégations (particulièrement en Afrique et en Asie). Enfin, l’enseignement catholique est placé sous
la responsabilité de ma congrégation, mais j’avoue que là je ne sais pas trop en quoi cela consiste. Lorsque j’étais évêque d’Angers, un département où 41 % des enfants scolarisés le sont dans
l’enseignement catholique, je n’ai jamais eu à faire avec cette congrégation. Ce sera une découverte !
* Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers, nommé secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique. Il quittera ses fonctions d’évêque le 29 janvier.
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