Mercredi 19 décembre 2007

undefinedAprès l’arrêt des deux principaux groupes français de pop-louange, Glorious et Spear Hit, en septembre dernier, un débat fait rage au sein de l’Eglise : cette forme d’évangélisation est-elle morte ? Pas si sûre, si une prise de conscience profonde intervient. Explications. 

La pop-louange catholique est-elle morte, renvoyée dans ses buts après quelques années de succès que certains jugent déjà éphémère ? La question, lancinante, nourrit les débats au sein de l’Eglise de France depuis septembre dernier, date à laquelle les deux groupes catholiques phares, Glorious et Spear Hit, ont décidé de faire «une pause» selon l’expression usitée dans le milieu artistique. 
Notre pays n’est peut-être pas encore mûr pour faire germer ces initiatives missionnaires modernes, ébranlant les habitudes bien établies des catholiques de France. «Nous vivons dans une société sécularisée où l’Eglise n’est pas apparue sur les places publiques pendant très longtemps», constate Benjamin Pouzin, alias Jam, membre du groupe Glorious. «Il n’est pas évident aujourd’hui, pour des groupes chrétiens, de percer en France», poursuit-il. 

Premiers de cordée… Pas facile, mais «pas impossible non plus» estime Alex Lauriot-Prévost, auteur de nombreux articles sur la pop-louange française*, marié et père de quatre enfants sur le diocèse d’Avignon. «Il est peut-être plus difficile de réussir en France qu’ailleurs, puisque nous vivons dans un système assez anti-catholique, mais je crois que des groupes chrétiens peuvent entrer un jour dans le Top 50». 
Malgré leur récent arrêt, Glorious et Spear Hit ont le mérite d’avoir réussi à «défoncer des portes» selon les termes de Benjamin Michel, dit «Benji», membre du groupe toulousain de reggae, «Spear Hit». «Des groupes comme les notres, qui affichaient leur foi sur scène, qui jouaient en dehors des églises de la musique moderne, ça a évidemment fait du bruit», se souvient l’un des trois frères Pouzin à l’origine de Glorious. «Les gens étaient étonnés, particulièrement les catholiques, plus habitués au silence». 
Dans l’ensemble, les deux groupes catho se disent satisfaits de leur aventure qui a duré respectivement cinq ans pour Glorious et huit ans pour Spear Hit. «Plus les concerts avançaient, plus il y avait de monde», indique Benji, évoquant les nombreux concerts du groupe toulousain en Europe. 

Absence des pasteurs ? Pour autant, bien que peu nombreux, les obstacles ont été présents sur la route des musiciens du Christ. «Glorious a été confronté à une sorte de micro-choc générationnel», avance Benjamin Pouzin. «Une sorte d’incompréhension existait entre notre génération et la précédente, celle qui détient encore le pouvoir dans les paroisses». Alex Lauriot-Prévost dresse un constat plus dur que le jeune musicien. «Aujourd’hui, l’enjeu de la pop-louange n’est pas saisi par l’Eglise», regrette-t-il. «Le concept de nouvelle évangélisation est partagé par très peu d’évêques. L’Eglise ne sait plus annoncer Jésus-Christ aux non-croyants». Pour celui qui a participé, avec son épouse, il y a 25 ans, à la fondation de l’école Jeunesse-Lumière, «l’Eglise n’a pas suffisamment accompagné ce mouvement missionnaire». Un propos que ne partage pas Benji qui estime, au contraire, qu’«il n’est pas nécessaire d’avoir le soutien de l’Eglise pour se lancer. L’important est qu’elle prie pour nous». 

L’Eglise doit réfléchir à une pastorale moderne La première vague de pop-louange catholique s’est peut-être éteint, mais «pas la culture chrétienne», affirme Benji. «Ce n’est pas parce que deux groupes ont arrêté que tout s’est effondré. Il y a une véritable mouvance qui est en train de se créer et des milliers de choses qui existent». Une mouvance qu’Alex Lauriot-Prévost souhaite voir accompagner. «Tous les jeunes, aujourd’hui, ont soif de sens. La pop-louange est une formidable porte d’entrée dans la religion, mais ce n’est pas une fin en soi». Il faut donc réfléchir à des structures d’accompagnement, «comme une formation à la pop-louange ou une maison de la pop-louange». 
Benjamin Pouzin partage ce point de vue, et désire de tout cœur que l’on «trouve un moyen d’inculturer l’Evangile chez les jeunes Français». Pour cela, il faut «donner une image moderne de l’Eglise et faire entrer le XXIe siècle dans nos églises (…). Il faudrait des radios jeunes, des médias jeunes et un certain professionnalisme. Les jeunes ne sont pas dupes, on ne les attire plus dans des rassemblements construits avec des bouts de ficelle». 

* www.libertepolitique.com ou www.anuncioblog.com 
Site internet :
www.glorious.fr et www.spearHit.com

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Mercredi 19 décembre 2007

undefinedTrès connu dans le milieu catholique, le comédien Damien Ricour n’exerce pas son art au service de l’évangélisation. Il distingue bien sa profession et son envie personnelle de jouer dans les églises et les écoles. 

Le public, croyant ou non, est-il plus sensible au message de l’Evangile lorsque celui-ci est mis en scène ?
C’est ce que l’on me dit. Certains spectateurs considèrent mes pièces comme de belles méditations qui font entrer dans un mystère. Cependant, je ne suis pas un prêtre qui a des choses à dire. Mon domaine, c’est le spectacle. J’essaie de ne pas mettre de message en avant. Ce n’est pas le but que les personnes se convertissent en voyant mes spectacles. Je ne serais pas contre évidemment, mais si je recherche à tout prix cet effet-là, alors je tords mon art. Je souhaite rester libre dans mon art, que ce soit quelque chose de personnel, non de mécanique. Je ne veux pas répondre à une commande en mettant en scène des spectacles sur des sujets identiques : le saint du coin ou autres. C’est de l’évangélisation, pas du théâtre, et mon goût est dans le théâtre. 

Vous ne faîtes donc pas votre art pour évangéliser ? 
Non, je ne me situe pas dans cette optique, et je dois le dire de plus en plus. Je suis un comédien à part entière. J’en ai assez de cette image de comédien catho qui est donné à l’Evangile. Je n’ai jamais eu la révélation de la vocation pour cela. Si je voulais vraiment faire de l’évangélisation avec mon art, je jouerais dans la rue, je travaillerais pour pas un sou, j’aurais un autre boulot à côté. Par contre, je suis chrétien, j’ai aimé et j’aime toujours jouer dans les églises et dans les écoles mes spectacles en lien avec la religion. J’aime prendre ce risque quand cela est possible. Mais mon travail ne se résume pas à ça, et je n’exclus pas d’écrire ou de jouer des pièces profanes. 

Est-ce le milieu du théâtre qui est imperméable à votre sensibilité chrétienne ou est-ce vous qui ne souhaitez pas témoigner publiquement de votre foi ? 
Je crois que c’est moi qui est plus peur de témoigner que les gens qui ont plus peur de l’entendre. Quand on se retrouve face à des gens qui n’en ont rien à faire, c’est dur de témoigner. Toutefois, je n’ai pas retiré les spectacles chrétiens de mon site internet. Je ne me suis jamais demandé : «si un producteur vient sur mon site et voit tous ces spectacles que j’ai joué dans les églises, que va-t-il dire ?». L’Evangile dit qu’il ne faut pas renier sa foi, je ne vais pas commencer à le faire. J’ai fait ces choix-là et je les assume, mais je ne souhaite pas me limiter à ce domaine-là. Peut-être aussi que je n’ai pas le courage d’aller jouer un spectacle comme le Bon Larron sur une grande scène parce que j’ai peur de me planter ou que l’on me reproche d’utiliser un théâtre pour évangéliser. Je préfère garder ce genre de représentation pour les églises et les écoles car là, je sens que j’apporte quelque chose. 

Site internet : theatredelaiguillon.free.fr

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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Mercredi 19 décembre 2007

Coopérateur sur la paroisse d’Albi-sud, le père Emmanuel Goulard, 34 ans, est un jeune prêtre… en col romain. Non obligatoire en France, le port de ce signe extérieur d’appartenance à l’Eglise traduit la volonté de ce Rabastinois d’origine «de témoigner et de montrer ma foi au grand jour». C’est une manière pour lui de dire : «il existe encore des jeunes prêtres en France, heureux de l’être». 
Conscient des débats qui peuvent exister autour de ce symbole, le père Goulard parle rarement de ce sujet avec d’autres confrères. «Je ne fais pas ça par provocation», précise-t-il. «Certains trouvent orgueilleux de porter le col romain. Personnellement, je ne le porte pas par volonté de me montrer mais pour que l’on me reconnaisse comme prêtre». 
Cet affichage public de sa foi n’est pas chose nouvelle pour le prêtre albigeois. Déjà, lorsqu’il appartenait au Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ), le jeune Emmanuel Goulard, alors adolescent, avait fait le choix de porter, de manière visible, sa médaille de baptême. «Je me suis véritablement converti lors de ma confirmation. Et comme ce que je vivais été bon à mes yeux, je voulais en témoigner autour de moi». Cette ligne de conduite s’est confirmée au séminaire, puis dans sa vie de prêtre où le père Goulard a fait le choix du «clergiman». «C’est aussi une façon de vivre mon célibat consacré au services des autres. ça me booste et ça me permet de me resituer», concède-t-il. «Et puis, j’avoue que ça me simplifie la vie dans le choix de mes vêtements. Ce n’est pas une pauvreté, mais c’est tout de même une certaine simplification». 
Le fait de porter le col romain a aussi permis au père Goulard de faire des rencontres étonnantes. Comme avec cette vieille dame qui «me salua derrière une vitre de l’aéroport de Francfort sans raison», ce rabbin «avec qui j’ai discuté dans l’avion sur le célibat consacré» ou ces jeunes Albigeois l’accostant dans la rue pensant qu’il était américain. «Ils croyaient qu’il n’existait plus de prêtres en France…». 
Bien sûr, il existe aussi des inconvénients à porter le col romain. Outre une certaine appréhension de la part du père Goulard au sein de l’Eglise même - «on considère parfois que je suis un prêtre rigide parce que je porte le col romain» - le père Emmanuel Goulard reconnaît qu’il ne peut pas aborder une discussion de la même façon que s’il était habillé normalement. «Comme je suis affiché, je ne peux pas vraiment établir un dialogue simplifié avec quelqu’un. On a rapidement des préjugés à mon égard. Mais est-ce seulement aux prêtres de remplir ce rôle au sein de l’Eglise ?». Une chose dont le prêtre tarnais est sûr : «que l’on porte ou non le col romain, personne ne peut affirmer qu’elle possède la solution pour faire vivre l’Eglise».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
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