Just Catho !
Blog d'un jeune journaliste chrétien
"Le journaliste est l'historien du quotidien"
Devant les menaces
qui pèsent sur le repos dominical, Mgr Carré appelle à retrouver le sens du dimanche: fêter la résurrection.
Le chrétien de 2008 connaît-il encore la signification du dimanche, autrement appelé le Jour du Seigneur ? Alors que de graves menaces pèsent sur le repos dominical, « seulement instauré en
France en 1906 », Mgr Pierre-Marie Carré a insisté, lors d’une conférence donnée lundi dernier à Castres, sur le sens de la sanctification du premier jour de la semaine.
Il ne faut pas voir dans la démarche de l’archevêque d’Albi un quelconque moralisme, mais une question de bon sens. « Ce jour-là, c’est le Christ qui nous le donne pour fêter sa résurrection.
C’est un point sur lequel il faut insister. Les chrétiens ne pouvant pas vivre seuls, c’est au cours des rassemblements du dimanche que se constitue le Corps du Christ ». La sanctification
du dimanche ne doit pas être ressentie comme une obligation instituée par l’Église, mais comme « un moment privilégié pour construire une communauté chrétienne car nous sommes présents pour
le Christ, qui nous rassemble ». Les Pères de l’Église disaient déjà, à ce propos: « si quelqu’un n’est pas là, ils manquent à l’assemblée ». Saint-Paul rappelle, lui, que «
nous sommes appelés par Dieu ».
Les paroisses doivent faire attention à l’accueil
Le Jour du Seigneur ne se limite pas à la célébration de l’eucharistie, qui reste néanmoins le cœur vivant de la communauté, mais peut se prolonger aux travers d’autres sacrements (les baptêmes
ou les ordinations, généralement célébrés le dimanche) ou de démarches personnelles. « Que fait-on les autres heures du dimanche? », s’est interrogé le père-évêque, proposant quelques
pistes de réponse comme « la lecture de la parole ou de livres approfondissant notre foi », sans pour autant oublier la place de la famille et de la fête ce jour-là.
Outre l’ouverture possible des magasins le dimanche, qui fait dire à Mgr Carré que « le repos dominical rappelle que l’Homme vaut davantage que ses actes et que les lois du marché », une
autre menace pèse sur le dimanche: l’individualisme. « C’est une marque de notre temps, concède l’archevêque. Il faut voir ce que nous pouvons faire pour dépasser cet individualisme ».
Mgr Carré a appelé à davantage de chaleur et d’attention des personnes au sein des paroisses. « Il faut apprendre à se connaître, à aller vers les autres ». Il a également souhaité que
des initiatives paroissiales se mettent en place autant que faire se peut, comme les « dimanches autrement » où la communauté se réunit toute la matinée pour écouter la parole de Dieu,
l’approfondir, célébrer l’eucharistie et terminer pour un pique-nique fraternel.
L’épée de Damoclés dressée au-dessus du dimanche peut être l’occasion de renouer avec son but originel: nous renvoyer à plus grand que nous. « Il y a, dans le rythme de la semaine, un jour
particulier qui nous invite à regarder plus haut, pour ne pas se laisser enfermer dans des préoccupations matérielles ou économiques ». Les chrétiens de Tunisie aiment à dire « qu’il est
impossible de vivre sans le dimanche », cette nourriture spirituelle et fraternelle qui lance la semaine. Et ce premier jour, « c’est nous qui lui donnons de la valeur par nos attitudes
et par nos choix ».
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