Just Catho !
Blog d'un jeune journaliste chrétien
"Le journaliste est l'historien du quotidien"
L’université catholique américaine de Pennsylvanie compte envoyer, à terme, 19 étudiants dans son campus d’Ambialet.
Dans le vieux prieuré d’Ambialet, les couloirs brillent comme un sou neuf. Depuis 18
mois, d’importants travaux de rénovation sont menés à l’intérieur de cette bâtisse appartenant toujours, et depuis 1865, au Tiers-ordre régulier franciscain. Mais cette fois-ci, le sou qui
finance le chantier est frappé du sceau américain: le dollar. Après quatorze années de présence de la congrégation Saint-Jean (1991-2005), l’ancien noviciat renoue avec sa vocation de centre de
formation en accueillant dorénavant des groupes d’étudiants de l’université américaine catholique « Saint-François », implantée à Lorette (Pennsylvanie).
Sept étudiants en première et deuxième année universitaires, encadrés d’une équipe de
cinq membres du corps professoral et administratif, y séjournent depuis le 7 mars dernier, et y demeureront jusqu’au 25 avril, date qui marque la fin de l’année scolaire
outre-atlantique. « Nos étudiants ont déjà passé six semaines à Paris, dans un autre de nos campus. Ils resteront à Ambialet durant sept semaines », détaille Vincent Rémillard,
professeur de français à la retraite et initiateur de ce projet.
Un bail de cinquante ans signé avec le Tiers-ordre régulier franciscain
C’est en 2005 que le président
de l’université, le père Gabriel, et Vincent Rémillard se penchent sur l’hypothèse de séjours internationaux pour leurs étudiants. « J’étais en contact avec le secrétaire général du
Tiers-ordre régulier, et je lui ai demandé s’il existait un endroit et un bâtiment en France où nous pourrions installer un campus », se souvient ce dernier. Après plusieurs mois d’attente,
la réponse tombe. Le prieuré d’Ambialet, bientôt vide, fait l’affaire. Le conseil universitaire donne son accord, et un bail de cinquante ans est signé.
Le professeur de français ne se sentant pas suffisamment compétent pour installer
matériellement ce nouveau campus, l’université Saint-François confie la responsabilité de l’antenne d’Ambialet à Timothy Perkins. « C’est lui qui a réalisé toutes les études concernant les
travaux », précise Vincent Rémillard. « Il est donc tout naturellement devenu le directeur ».
Des retraites pour jeunes mariés et des stages de cuisine pendant l’été
Dans les salles
réaménagées, dotées de connections internet, les étudiants poursuivent des « études générales » comme on dit aux USA: cours de français, d’économie comparée (Etats-Unis versus Union
Européenne), de beaux-arts et de religion. « Sur cette dernière matière, nous sommes en train d’étudier le tracé des principaux pèlerinages européens du Moyen-Âge », explique Karen, une
des étudiantes, âgée de 22 ans. Aussi, pour lier la théorie à la pratique, les jeunes Américains ont visité la basilique Saint-Sernin de Toulouse, la cité médiévale de Carcassonne, le Louvre, les
usines Airbus, et projettent de se rendre au musée Goya de Castres et Toulouse-Lautrec à Albi. « Ce séjour est une opportunité pour mieux intégrer la langue et la culture française »,
se réjouit Brigitte, 19 ans, qui se prépare à une carrière d’infirmière. Sans oublier ce petit je-ne-sais-quoi de romantisme français qui attise la curiosité des Américains. « Le bon vin, le
bon fromage, la France et ses 2000 ans d’histoire », énumère, dans un français correct, la benjamine Christine (18 ans). « It was a dream for me, the french dream »*
conclut-elle.
À terme, le campus d’Ambialet accueillera 19 étudiants. L’été, des groupes proches de
l’université de Lorette pourraient y séjourner quelques jours. « Des personnes sont déjà intéressées pour y faire un stage de cuisine, d’autres pour y organiser des retraites pour jeunes
mariés ». Bref, une façon aussi de réaliser le « french dream ».
* « C’était un rêve pour moi, le rêve français ».
Commentaires