Mercredi 13 février 2008

undefinedMembres du CLER Amour et Famille, les époux Novello aident les jeunes et les couples à gérer leur vie affective et sexuelle. 

Ils abattent à eux seuls des murailles. Des forteresses que notre société a édifiées insidieusement dans le cœur, le corps et l’être même des jeunes et des couples. Tandis qu’une campagne publicitaire du Planning Familial affiche, dans les métros et les rues d’Île-de-France, sa conception de la liberté (« sexualité, contraception, avortement »), le CLER Amour et Famille (1), dont sont membres Pierre-Antoine et Alix Novello depuis 1982, revendique clairement sa vision de la liberté: apprendre à gérer sa vie affective, sexuelle et sa fécondité de manière responsable. 

Les jeunes sont bluffés 

Parcourant le Tarn, département sur lequel ils représentent ce mouvement d’Église né en 1961, les Novello vont, invités par les écoles, les paroisses, les associations, au contact direct des jeunes pour « les faire parler et réfléchir, en toute liberté, sur le sens de la vie […], sur leur vie sentimentale ». Souvent bluffés, parfois déstabilisés, les jeunes ne restent pas indifférents aux mots, pesés et repesés, et surtout à l’écoute attentive et sans jugement, de ce couple solide et simple à la fois, demeurant sur les hauteurs du Salvagnacois. « On commence par leur parler du fonctionnement de la vie, des cycles. On leur montre que le corps est beau, qu’il est fait pour donner la vie, avant de leur parler de contraception », raconte, avec conviction, Alix Novello. Les jeunes ne sont pas l’unique préoccupation du CLER. Le mouvement s’intéresse, dans son ensemble, à la famille en « l’aidant à se construire, à être solide et à faciliter les relations entre ses membres, les époux entre eux et avec leurs enfants ». 
Les Novello ont aussi à cœur d’aider les couples, jeunes ou non, chrétiens ou pas, « à consolider leurs relations en les aidant à communiquer, à éduquer et à gérer leur fécondité ». Depuis quelques mois, une équipe « trois ans », comme on les appelle au CLER, a vu le jour sur Lavaur. Six couples s’y retrouvent pour travailler, ensemble, et à partir de leurs expériences personnelles, autour de la communication. Ce travail se déroule sur trois années, les Novello étant là pour accompagner les six ménages. 

Une fécondité responsable 

Le couple d’éducateurs, chacun ayant suivi de multiples formations dispensées par le mouvement*, touche aussi un domaine fort sensible, dont on parle bien peu et que même les professionnels de la santé n’osent évoquer en vérité: la planification familiale naturelle ou planification naturelle des naissances. Derrière cet intitulé emphatique résonne une conception chrétienne de la sexualité où la gestion de la fécondité s’effectue à deux et en harmonie avec le corps de chacun des époux. C’est Pierre-Antoine, moniteur en Méthode d’Auto-Observation (MAO) qui explique aux couples, qui le désirent, la méthode naturelle pour connaître les périodes de fertilité et d’infertilité du cycle féminin. 
Le CLER Amour et Famille initie à la méthode dite symptothermique qui consiste en l’observation de trois données: la glaire ou mucus cervical, la température et éventuellement le col de l’utérus. Les Novello propose de suivre le couple durant les deux premiers mois de la MAO. Parmi les autres projets du CLERC Amour et Famille du Tarn, les Novello travaillent, à la demande de plusieurs prêtres, à une sorte de formation à destination des jeunes couples pour consolider leur mariage. « Une façon de prolonger la préparation au mariage ». 

1 - CLER: Centre de Liaison des Équipes de Recherche sur l’amour et la famille. 
*  www.cler.net.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 30 janvier 2008

undefinedDevant les menaces qui pèsent sur le repos dominical, Mgr Carré appelle à retrouver le sens du dimanche: fêter la résurrection. 

Le chrétien de 2008 connaît-il encore la signification du dimanche, autrement appelé le Jour du Seigneur ? Alors que de graves menaces pèsent sur le repos dominical, « seulement instauré en France en 1906 », Mgr Pierre-Marie Carré a insisté, lors d’une conférence donnée lundi dernier à Castres, sur le sens de la sanctification du premier jour de la semaine. 
Il ne faut pas voir dans la démarche de l’archevêque d’Albi un quelconque moralisme, mais une question de bon sens. « Ce jour-là, c’est le Christ qui nous le donne pour fêter sa résurrection. C’est un point sur lequel il faut insister. Les chrétiens ne pouvant pas vivre seuls, c’est au cours des rassemblements du dimanche que se constitue le Corps du Christ ». La sanctification du dimanche ne doit pas être ressentie comme une obligation instituée par l’Église, mais comme « un moment privilégié pour construire une communauté chrétienne car nous sommes présents pour le Christ, qui nous rassemble ». Les Pères de l’Église disaient déjà, à ce propos: « si quelqu’un n’est pas là, ils manquent à l’assemblée ». Saint-Paul rappelle, lui, que « nous sommes appelés par Dieu ». 

Les paroisses doivent faire attention à l’accueil 

Le Jour du Seigneur ne se limite pas à la célébration de l’eucharistie, qui reste néanmoins le cœur vivant de la communauté, mais peut se prolonger aux travers d’autres sacrements (les baptêmes ou les ordinations, généralement célébrés le dimanche) ou de démarches personnelles. « Que fait-on les autres heures du dimanche? », s’est interrogé le père-évêque, proposant quelques pistes de réponse comme « la lecture de la parole ou de livres approfondissant notre foi », sans pour autant oublier la place de la famille et de la fête ce jour-là. 
Outre l’ouverture possible des magasins le dimanche, qui fait dire à Mgr Carré que « le repos dominical rappelle que l’Homme vaut davantage que ses actes et que les lois du marché », une autre menace pèse sur le dimanche: l’individualisme. « C’est une marque de notre temps, concède l’archevêque. Il faut voir ce que nous pouvons faire pour dépasser cet individualisme ». Mgr Carré a appelé à davantage de chaleur et d’attention des personnes au sein des paroisses. « Il faut apprendre à se connaître, à aller vers les autres ». Il a également souhaité que des initiatives paroissiales se mettent en place autant que faire se peut, comme les « dimanches autrement » où la communauté se réunit toute la matinée pour écouter la parole de Dieu, l’approfondir, célébrer l’eucharistie et terminer pour un pique-nique fraternel. 
L’épée de Damoclés dressée au-dessus du dimanche peut être l’occasion de renouer avec son but originel: nous renvoyer à plus grand que nous. « Il y a, dans le rythme de la semaine, un jour particulier qui nous invite à regarder plus haut, pour ne pas se laisser enfermer dans des préoccupations matérielles ou économiques ». Les chrétiens de Tunisie aiment à dire « qu’il est impossible de vivre sans le dimanche », cette nourriture spirituelle et fraternelle qui lance la semaine. Et ce premier jour, « c’est nous qui lui donnons de la valeur par nos attitudes et par nos choix ».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 30 janvier 2008

La communauté des Béatitudes devra encore patienter pour voir ses statuts définitivement entérinés par le Conseil Pontifical pour les Laïcs. Ce dernier, qui avait reconnu par décret en décembre 2002 la communauté comme association internationale privée de fidèles de droit pontifical, devait approuver les statuts au bout d’une période ad experimentum de cinq années. 
Cette période a pris fin le 8 décembre dernier, mais le cardinal Rylko, président du Conseil Pontifical pour les Laïcs, a annoncé la prorogation de ce temps ad experimentum de deux années « afin de permettre la mise en œuvre d’indications qui nous ont été données et l’approfondissement de la réflexion sur notre charisme » a indiqué la communauté des Béatitudes. 

Attention à la confusion 

Cette prolongation intervient après les affaires qui ont secoué la communauté au cours de l’année 2007, notamment la communauté Saint-Luc à Vielmur-sur-Agout, accusée par deux anciens membres de dérives sectaires. Le Saint-Siège demande ainsi à la communauté des Béatitudes de clarifier son mode de fonctionnement à plusieurs égards, notamment d’éviter les psychothérapies pratiquées en communauté où pourraient se confondre dimension psychologique et psychiatrique et direction spirituelle. 
Le Vatican souhaite également que la communauté clarifie le statut de ses laïcs, consacrés et familles communautaires. « Comme le prévoient nos Statuts, ce travail s’inscrira dans le processus de préparation de l’Assemblée générale ordinaire de la Communauté, qui a été convoquée à la fin de novembre 2008 », précise un communiqué de la communauté, qui a été invitée par son Fondateur à approfondir le cœur du message de Jésus: les huit béatitudes, et à vivre ainsi cette nouvelle étape.

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 3 janvier 2008

undefinedOuverture des magasins le dimanche, réforme du divorce, venue du pape en France… Mgr Carré évoque l’actualité nationale et diocésaine des mois à venir. Entretien. 

Les évêques ont mis en place un groupe de travail sur la bioéthique; la révision des lois françaises sur ce thème étant prévue pour 2009. Quelles devraient être les réserves ou les propositions de l’Église catholique sur ce sujet ? 
Cette question nous préoccupe effectivement. Déjà, il y a quelques mois, le Cardinal Ricard avait demandé à la commission (doctrinale, ndlr) que je préside d’organiser une session de formation des évêques sur ce point. Elle aura lieu à Rennes en février, et sera découpée en quatre demi-journées, chacune avec un thème expliqué par deux intervenants: un « grand nom » et un spécialiste local. C’est Axel Kahn qui abordera la question scientifique. 
L’aspect juridique sera présenté par un conseiller d’État et un avocat breton. La partie théologique et morale sera détaillée par un jésuite belge, le père Alain Mattheeuws, et par un médecin catholique. Deux évêques interviendront enfin: le Cardinal Vingt-Trois, qui est moraliste, et l’archevêque de Rennes, président du groupe de travail « Bioéthique ». Les réserves et les propositions seront faites par ce groupe de travail, à la lumière de la formation qui nous aidera à bien saisir tous les enjeux et à pouvoir en discuter localement si besoin. 

Le gouvernement souhaite élargir la législation sur l’ouverture des magasins le dimanche. L’Église ressent-elle cette réforme comme une attaque envers le repos dominical ?
 Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’immense déclaration choc de l’Église parce que sa position est connue sur ce sujet. Ce que mettent en avant les « pour », c’est une forte demande des consommateurs; et ce que mettent en évidence les « contre », c’est les salariés qui ne seront pas gagnants et la vie familiale qui sera menacée. Il y a une logique de l’argent qui nous menace. Si on y cède, je ne crois pas que la société y soit vraiment gagnante en fin de compte. Il existe d’autres activités de loisirs, de détente, culturelles et cultuelles le dimanche que d’aller se promener dans des grandes surfaces. 
J’ai cependant peur qu’il y ait un tel poids des finances que ça emporte tout. Au début du 20e siècle, on s’est battu pour le bien de la personne humaine et de la famille, je ne voudrais pas qu’au nom d’autres principes, on perde l’acquis de ces principes-là. 

Le gouvernement travaille sur une simplification de la procédure du divorce. N’assistons-nous pas à une banalisation de celui-ci comme simple acte juridique constaté par le notaire? Quel risque présente cette réforme pour la société ?
 Ceux qui promeuvent cette réforme ne voient qu’un aspect des choses: simplifier les procédures pour alléger la charge des tribunaux et faciliter la vie des couples qui se déchirent. Ces deux raisons méritent d’être regardées, mais suffisent-elles par rapport au risque qu’elles font encourir ? Le mariage n’est pas simplement un geste formel qui tend à être de plus en plus privé. C’est la dimension sociale du mariage qu’il nous faut retrouver. 
Beaucoup de choses sont regardées sous l’angle de la sphère privée, mais la société n’est pas simplement une addition de situations privées. La société n’est-elle là que pour les biens ou les intérêts que je peux en tirer, ou pour le bien commun? Encore une fois, ce sont les petits et les pauvres qui vont être perdants. Devant les motifs avancés par cette réforme, j’ai peur qu’à vouloir régler certaines questions, on n’en crée d’autres. 

Les évêques en savent-ils plus sur la venue du Pape en France, peut-être à l’automne 2008 ?
Non, on attend. Nous savons seulement que le Saint-Père a accepté l’invitation envoyée par Mgr Perrier, évêque de Lourdes. J’ai déjeuné avec celui-ci le 8 décembre dernier. Il espérait que Benoît XVI vienne le 31 mai, mais c’est le pape qui décide. Il n’a pas une santé de fer, et les voyages qu’il a entrepris ne sont pas comparables à ceux de Jean-Paul II au début de son pontificat. Je ne pense donc pas que Benoît XVI s’amuse à courir la France en trois jours. 

En visite officielle au Vatican, Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de voir naître une laïcité positive. Comment avez-vous accueilli ce discours ?
 Ce discours rejoint le livre qu’il avait écrit en 2005 « La République, les religions, l’espérance », dont j’ai lu les bonnes feuilles. Dans beaucoup d’esprits, la laïcité signifie que les sentiments religieux sont du domaine privé. Pourquoi aurait-on le droit d’exprimer ses opinions politiques, artistiques… et pas ses opinions religieuses ? Cette conception de la laïcité existe encore malheureusement. 
Pourtant, si on se réfère au premier article de la loi de 1905, celui-ci stipule que la République assure la liberté de conscience. L’Église a sa place dans la société, sans pour autant qu’elle impose ce qui lui paraît décisif. Il est normal, et Nicolas Sarkozy l’a dit lors d’une interview, que l’Église, comme tout groupe, puisse dire clairement, et sans être accusée de tous les maux de la Terre, ce qu’elle pense. 

Vous avez souhaité mettre en place, en 2006, une pastorale des jeunes sur le diocèse. Les JMJ de Sydney, en juillet prochain, marquent la fin de la mission qui lui a été confiée. Pensez-vous prolonger son action ?
Une pastorale auprès des jeunes n’est jamais finie. Il y aura toujours à poursuivre la mission auprès des jeunes, mais peut-être de manière moins intense. C’est encore tôt pour en dire plus. Dans les prochains mois, des dispositions vont être réfléchies et prises. 

Benoît XVI vient de signer le décret lançant le processus de béatification d’Emilie de Villeneuve. Où, quand et comment se déroulera cette béatification ?
J’ai vu la supérieure générale des Sœurs de l’Immaculée Conception, dites Sœurs Bleues de Castres, qui était venue me voir quelques jours avant que le décret du Pape soit signé, et nous avons envisagé l’année 2009. Notamment parce qu’il y a un cardinal de Rome qui vient et qu’il faut donc regarder avec lui le moment qui lui convient, mais également car il y a un changement de supérieure générale de l’ordre en 2008. 
Surtout, il faut une préparation spirituelle pour faire découvrir qui est Émilie de Villeneuve, sa vie, sa spiritualité, pourquoi est-elle bienheureuse. C’est donc l’affaire de 18 mois. Pour le lieu, ce sera à Castres, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura rien ailleurs. On pense qu’aucune église de Castres n’est assez grande, il faudra sûrement un lieu en plein air. Tout ça reste à définir, le chantier est ouvert ! 

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 19 décembre 2007

undefinedAprès l’arrêt des deux principaux groupes français de pop-louange, Glorious et Spear Hit, en septembre dernier, un débat fait rage au sein de l’Eglise : cette forme d’évangélisation est-elle morte ? Pas si sûre, si une prise de conscience profonde intervient. Explications. 

La pop-louange catholique est-elle morte, renvoyée dans ses buts après quelques années de succès que certains jugent déjà éphémère ? La question, lancinante, nourrit les débats au sein de l’Eglise de France depuis septembre dernier, date à laquelle les deux groupes catholiques phares, Glorious et Spear Hit, ont décidé de faire «une pause» selon l’expression usitée dans le milieu artistique. 
Notre pays n’est peut-être pas encore mûr pour faire germer ces initiatives missionnaires modernes, ébranlant les habitudes bien établies des catholiques de France. «Nous vivons dans une société sécularisée où l’Eglise n’est pas apparue sur les places publiques pendant très longtemps», constate Benjamin Pouzin, alias Jam, membre du groupe Glorious. «Il n’est pas évident aujourd’hui, pour des groupes chrétiens, de percer en France», poursuit-il. 

Premiers de cordée… Pas facile, mais «pas impossible non plus» estime Alex Lauriot-Prévost, auteur de nombreux articles sur la pop-louange française*, marié et père de quatre enfants sur le diocèse d’Avignon. «Il est peut-être plus difficile de réussir en France qu’ailleurs, puisque nous vivons dans un système assez anti-catholique, mais je crois que des groupes chrétiens peuvent entrer un jour dans le Top 50». 
Malgré leur récent arrêt, Glorious et Spear Hit ont le mérite d’avoir réussi à «défoncer des portes» selon les termes de Benjamin Michel, dit «Benji», membre du groupe toulousain de reggae, «Spear Hit». «Des groupes comme les notres, qui affichaient leur foi sur scène, qui jouaient en dehors des églises de la musique moderne, ça a évidemment fait du bruit», se souvient l’un des trois frères Pouzin à l’origine de Glorious. «Les gens étaient étonnés, particulièrement les catholiques, plus habitués au silence». 
Dans l’ensemble, les deux groupes catho se disent satisfaits de leur aventure qui a duré respectivement cinq ans pour Glorious et huit ans pour Spear Hit. «Plus les concerts avançaient, plus il y avait de monde», indique Benji, évoquant les nombreux concerts du groupe toulousain en Europe. 

Absence des pasteurs ? Pour autant, bien que peu nombreux, les obstacles ont été présents sur la route des musiciens du Christ. «Glorious a été confronté à une sorte de micro-choc générationnel», avance Benjamin Pouzin. «Une sorte d’incompréhension existait entre notre génération et la précédente, celle qui détient encore le pouvoir dans les paroisses». Alex Lauriot-Prévost dresse un constat plus dur que le jeune musicien. «Aujourd’hui, l’enjeu de la pop-louange n’est pas saisi par l’Eglise», regrette-t-il. «Le concept de nouvelle évangélisation est partagé par très peu d’évêques. L’Eglise ne sait plus annoncer Jésus-Christ aux non-croyants». Pour celui qui a participé, avec son épouse, il y a 25 ans, à la fondation de l’école Jeunesse-Lumière, «l’Eglise n’a pas suffisamment accompagné ce mouvement missionnaire». Un propos que ne partage pas Benji qui estime, au contraire, qu’«il n’est pas nécessaire d’avoir le soutien de l’Eglise pour se lancer. L’important est qu’elle prie pour nous». 

L’Eglise doit réfléchir à une pastorale moderne La première vague de pop-louange catholique s’est peut-être éteint, mais «pas la culture chrétienne», affirme Benji. «Ce n’est pas parce que deux groupes ont arrêté que tout s’est effondré. Il y a une véritable mouvance qui est en train de se créer et des milliers de choses qui existent». Une mouvance qu’Alex Lauriot-Prévost souhaite voir accompagner. «Tous les jeunes, aujourd’hui, ont soif de sens. La pop-louange est une formidable porte d’entrée dans la religion, mais ce n’est pas une fin en soi». Il faut donc réfléchir à des structures d’accompagnement, «comme une formation à la pop-louange ou une maison de la pop-louange». 
Benjamin Pouzin partage ce point de vue, et désire de tout cœur que l’on «trouve un moyen d’inculturer l’Evangile chez les jeunes Français». Pour cela, il faut «donner une image moderne de l’Eglise et faire entrer le XXIe siècle dans nos églises (…). Il faudrait des radios jeunes, des médias jeunes et un certain professionnalisme. Les jeunes ne sont pas dupes, on ne les attire plus dans des rassemblements construits avec des bouts de ficelle». 

* www.libertepolitique.com ou www.anuncioblog.com 
Site internet :
www.glorious.fr et www.spearHit.com

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 19 décembre 2007

undefinedTrès connu dans le milieu catholique, le comédien Damien Ricour n’exerce pas son art au service de l’évangélisation. Il distingue bien sa profession et son envie personnelle de jouer dans les églises et les écoles. 

Le public, croyant ou non, est-il plus sensible au message de l’Evangile lorsque celui-ci est mis en scène ?
C’est ce que l’on me dit. Certains spectateurs considèrent mes pièces comme de belles méditations qui font entrer dans un mystère. Cependant, je ne suis pas un prêtre qui a des choses à dire. Mon domaine, c’est le spectacle. J’essaie de ne pas mettre de message en avant. Ce n’est pas le but que les personnes se convertissent en voyant mes spectacles. Je ne serais pas contre évidemment, mais si je recherche à tout prix cet effet-là, alors je tords mon art. Je souhaite rester libre dans mon art, que ce soit quelque chose de personnel, non de mécanique. Je ne veux pas répondre à une commande en mettant en scène des spectacles sur des sujets identiques : le saint du coin ou autres. C’est de l’évangélisation, pas du théâtre, et mon goût est dans le théâtre. 

Vous ne faîtes donc pas votre art pour évangéliser ? 
Non, je ne me situe pas dans cette optique, et je dois le dire de plus en plus. Je suis un comédien à part entière. J’en ai assez de cette image de comédien catho qui est donné à l’Evangile. Je n’ai jamais eu la révélation de la vocation pour cela. Si je voulais vraiment faire de l’évangélisation avec mon art, je jouerais dans la rue, je travaillerais pour pas un sou, j’aurais un autre boulot à côté. Par contre, je suis chrétien, j’ai aimé et j’aime toujours jouer dans les églises et dans les écoles mes spectacles en lien avec la religion. J’aime prendre ce risque quand cela est possible. Mais mon travail ne se résume pas à ça, et je n’exclus pas d’écrire ou de jouer des pièces profanes. 

Est-ce le milieu du théâtre qui est imperméable à votre sensibilité chrétienne ou est-ce vous qui ne souhaitez pas témoigner publiquement de votre foi ? 
Je crois que c’est moi qui est plus peur de témoigner que les gens qui ont plus peur de l’entendre. Quand on se retrouve face à des gens qui n’en ont rien à faire, c’est dur de témoigner. Toutefois, je n’ai pas retiré les spectacles chrétiens de mon site internet. Je ne me suis jamais demandé : «si un producteur vient sur mon site et voit tous ces spectacles que j’ai joué dans les églises, que va-t-il dire ?». L’Evangile dit qu’il ne faut pas renier sa foi, je ne vais pas commencer à le faire. J’ai fait ces choix-là et je les assume, mais je ne souhaite pas me limiter à ce domaine-là. Peut-être aussi que je n’ai pas le courage d’aller jouer un spectacle comme le Bon Larron sur une grande scène parce que j’ai peur de me planter ou que l’on me reproche d’utiliser un théâtre pour évangéliser. Je préfère garder ce genre de représentation pour les églises et les écoles car là, je sens que j’apporte quelque chose. 

Site internet : theatredelaiguillon.free.fr

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 19 décembre 2007

Coopérateur sur la paroisse d’Albi-sud, le père Emmanuel Goulard, 34 ans, est un jeune prêtre… en col romain. Non obligatoire en France, le port de ce signe extérieur d’appartenance à l’Eglise traduit la volonté de ce Rabastinois d’origine «de témoigner et de montrer ma foi au grand jour». C’est une manière pour lui de dire : «il existe encore des jeunes prêtres en France, heureux de l’être». 
Conscient des débats qui peuvent exister autour de ce symbole, le père Goulard parle rarement de ce sujet avec d’autres confrères. «Je ne fais pas ça par provocation», précise-t-il. «Certains trouvent orgueilleux de porter le col romain. Personnellement, je ne le porte pas par volonté de me montrer mais pour que l’on me reconnaisse comme prêtre». 
Cet affichage public de sa foi n’est pas chose nouvelle pour le prêtre albigeois. Déjà, lorsqu’il appartenait au Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ), le jeune Emmanuel Goulard, alors adolescent, avait fait le choix de porter, de manière visible, sa médaille de baptême. «Je me suis véritablement converti lors de ma confirmation. Et comme ce que je vivais été bon à mes yeux, je voulais en témoigner autour de moi». Cette ligne de conduite s’est confirmée au séminaire, puis dans sa vie de prêtre où le père Goulard a fait le choix du «clergiman». «C’est aussi une façon de vivre mon célibat consacré au services des autres. ça me booste et ça me permet de me resituer», concède-t-il. «Et puis, j’avoue que ça me simplifie la vie dans le choix de mes vêtements. Ce n’est pas une pauvreté, mais c’est tout de même une certaine simplification». 
Le fait de porter le col romain a aussi permis au père Goulard de faire des rencontres étonnantes. Comme avec cette vieille dame qui «me salua derrière une vitre de l’aéroport de Francfort sans raison», ce rabbin «avec qui j’ai discuté dans l’avion sur le célibat consacré» ou ces jeunes Albigeois l’accostant dans la rue pensant qu’il était américain. «Ils croyaient qu’il n’existait plus de prêtres en France…». 
Bien sûr, il existe aussi des inconvénients à porter le col romain. Outre une certaine appréhension de la part du père Goulard au sein de l’Eglise même - «on considère parfois que je suis un prêtre rigide parce que je porte le col romain» - le père Emmanuel Goulard reconnaît qu’il ne peut pas aborder une discussion de la même façon que s’il était habillé normalement. «Comme je suis affiché, je ne peux pas vraiment établir un dialogue simplifié avec quelqu’un. On a rapidement des préjugés à mon égard. Mais est-ce seulement aux prêtres de remplir ce rôle au sein de l’Eglise ?». Une chose dont le prêtre tarnais est sûr : «que l’on porte ou non le col romain, personne ne peut affirmer qu’elle possède la solution pour faire vivre l’Eglise».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 29 novembre 2007

chret-mgr-brugues.JPGLe Tarn n’est pas un département inconnu pour vous. À quelle occasion y êtes-vous déjà venu ?
Enfant et adolescent, j’y ai passé toutes mes vacances scolaires, et à l’époque, « les grandes vacances », comme on les appelle aujourd’hui, duraient jusqu’au 2 octobre! Je crois que la première fois que j’y ai mis les pieds, je devais avoir 18 mois. J’y suis ensuite retourné jusqu’à mes vingt ans, lorsque j’étais en faculté. J’étais accueilli par mes grands-parents, métayers sur Saïx et Guitalens. Quelque part, le Tarn est ma « patrie d’adoption ». 

Ces périodes tarnaises ont-elles joué un rôle dans la vocation que vous avez suivie? Gardez-vous des souvenirs précis de certains faits ou personnes ? 
Ce département m’est assurément associé à une certaine ferveur catholique. La famille au sein de laquelle je passais mes vacances était très pratiquante, c’était d’ailleurs la seule branche de ma famille à l’être. Je me souviens que nous allions à la messe à Guitalens, où l’assistance y était très nombreuse. Le curé, un vieux prêtre, élevait souvent la voix lors de ses sermons. Chaque dimanche, on se demandait à qui il allait s’en prendre. En réalité, c’était un homme de cœur et, par affection pour eux, il entretenait une forme de correction de père spirituel envers ses enfants. Quand il est mort, le village a ressenti une grande tristesse. 

Vous quittez Angers pour prendre vos fonctions de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique, à Rome, le 1er février. Quelles vont être vos principales missions ? 
Elles sont au nombre de trois. Je suis responsable de l’ensemble des universités catholiques du monde entier. C’est la plus importante de mes missions puisqu’elle devrait occuper 70 % de mon temps. J’ai ensuite la charge de tous les séminaires, sauf ceux qui dépendent de certaines congrégations (particulièrement en Afrique et en Asie). Enfin, l’enseignement catholique est placé sous la responsabilité de ma congrégation, mais j’avoue que là je ne sais pas trop en quoi cela consiste. Lorsque j’étais évêque d’Angers, un département où 41 % des enfants scolarisés le sont dans l’enseignement catholique, je n’ai jamais eu à faire avec cette congrégation. Ce sera une découverte !
 
* Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers, nommé secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique. Il quittera ses fonctions d’évêque le 29 janvier.

 

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 3 octobre 2007

chretiens-xavier-lacroix.JPGDans le cadre de sa mission, la paroisse de Gaillac avait invité le théologien Xavier Lacroix à parler du mariage chrétien, lundi. 

Xavier Lacroix le sait. Pour défendre sa thèse, il faut parfois utiliser les mêmes armes que ses détracteurs, et en l’occurrence, sur le mariage, le théologien lyonnais utilise… les sondages. « En 2002, 95 % des jeunes âgés de 18 à 25 ans affirmaient vouloir construire un couple qui dure toute la vie ». Voilà un premier chiffre éloquent, mais d’autres suivent aussitôt au cours de la conférence que le spécialiste du couple donnait lundi 1er octobre à Gaillac. « Effectivement, 37 % des couples aujourd’hui se séparent, mais 61 % ne divorcent pas, 95 % des enfants vivent avec leurs deux parents, il y a six fois plus de séparations chez les concubins et trois fois plus chez les pacsés que chez les mariés ». 
Cette brève introduction fait évidemment mouche, et le mariage voit son blason quelque peu redoré en cette période de « la culture du provisoire, du jetable », mais de là à faire comprendre pourquoi le mariage chrétien est indissoluble, c’est un tout autre pas - gigantesque - à franchir. 

Je, Tu et Nous 

Propriété essentielle du mariage, avec l’unité (monogamie), l’indissolubilité est, reconnaît Xavier Lacroix, un « terme négatif ». Il lui préfère le terme d’alliance, symbolique dans la culture judéo-chrétienne. « Aujourd’hui, que se passe-t-il lorsque l’on aime? On prend de la valeur au regard de l’autre, et l’autre prend du prix à mes yeux. On vit l’un dans l’autre ». 
Mais attention, l’amour ne doit être vécu dans l’imaginaire, « il n’est pas question de rêve de fusion ou de couple parfait. L’amour doit se traduire dans la réalité, c’est-à-dire la liberté. C’est là que l’alliance apparaît ». Et pour mieux illustrer son propos, le théologien prend l’exemple des deux anneaux qui se recoupent, intersection de deux histoires. « La merveille de l’alliance, c’est qu’il y a l’apparition d’une troisième personne. À côté du « Je » et du « Tu », il y a « Nous ». C’est de là que vient le mot « conjugal », car on conjugue notre vie au pluriel ». Faire alliance avec quelqu’un suppose, oublie-t-on trop souvent, accepter de se faire transformer par l’autre. « Ma relation à l’autre me modifie, c’est évident. Il y a donc quelque chose d’irréversible dans l’alliance. D’ailleurs, les personnes divorcées le savent bien, l’autre emporte toujours une part de moi en lui, et inversement ». 

La volonté sert l’amour 

Passer du sentiment amoureux à l’alliance, c’est une chose, mais pourquoi vouloir durer, vieillir ensemble? Xavier Lacroix dégage trois raisons humaines, selon lui, qui poussent à cela. « Il y a d’abord le sens de la parole donnée. Tout le monde a du respect pour cette parole donnée. Ensuite, on veut durer pour le bien des enfants. Il est important de rappeler que l’on ne se marie pas seulement pour unir un amour mais pour fonder une famille. Enfin, ce lien pour toujours est une chance sans équivalent pour avancer, d’une part parce que l’on a jamais fini de découvrir l’autre et, d’autre part, parce que cela permet un excellent travail sur soi-même ». 
Mais le théologien sait que l’homme n’est pas infaillible, et qu’il a besoin de ressources dans lesquelles puiser pour maintenir son couple. Il y a bien sûr les ressources dites spontanées (le désir, la tendresse et la parole), qui peuvent s’user, mais il y a également et surtout « la patience, l’espérance, le pardon et la volonté. Sans cette dernière, il n’y aurait pas d’amour. La volonté, c’est le désir assumé ». Mais comme tout autre, ce désir risque de s’épuiser, sauf s’il y a une source plus profonde que le désir, et que Saint-Augustin a défini comme la fides, c’est-à-dire la loyauté, la confiance et la foi. 
L’Eglise, qui se doit de respecter la parole de Jésus - « ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas » - comprend qu’un mariage puisse être irrémédiablement détruit. Dans ce cas, elle invite à tout essayer pour le sauver. Si ce n’est pas possible, elle propose deux attitudes: rester fidèle au premier lien en ne se remariant pas, et « si il y a remariage, il ne faut pas faire comme si la première union n’avait pas existé, mais se réconcilier, continuer à apporter son secours à son ex-époux (se), subvenir aux besoins des enfants… Quelle que soit notre situation, il y a toujours un appel à la sainteté ».

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 11 septembre 2007

chretiens-equipe-catechese.JPGLa journée diocésaine de la catéchèse, mercredi 5 septembre à Albi, a permis de faire le point sur les nouvelles orientations.

Ne le cachons pas. La catéchèse a connu, ses 10 ou 15 dernières années, une hémorragie sans précédent. Les effectifs ont fondu comme neige au soleil, les parents se souciant de moins en moins de la formation religieuse de leur enfant. La tendance commencerait tout de même « à se stabiliser » selon les dires du père Emmanuel Goulard, responsable du service diocésain de la catéchèse pour le diocèse d’Albi. Dans la lignée du texte national pour l’orientation de la catéchèse, publié par la Conférence des Évêques de France en novembre 2006, les diocèses profitent de cette « accalmie » pour se lancer dans un dépoussiérage profond de l’image du caté. « L’étiquette de la « catéchèse qui inculque » doit disparaître de l’esprit du public », nous confiait le père Goulard lors de la journée diocésaine de rentrée de la catéchèse, mercredi 5 septembre à Albi. « La transmission de la foi s’effectuant de moins en moins au sein de la famille, le caté doit s’adapter au rythme des enfants et privilégier les moyens modernes de communication ». Moins scolaire donc, le catéchisme s’appuiera davantage sur l’image, par le biais de vidéos, DVD ou autre média, et favorisera la rencontre personnelle avec l’enfant (ou l’adulte) en vue d’une approche plus dynamique de la foi.
De l’objet au sujet
Invitée pour intervenir devant la centaine de catéchistes, prêtres, religieuses ou diacres présents à la salle du Pigné, Bénédicte de Massia, responsable du service diocésain de la catéchèse de Perpignan, a rappelé le contexte actuel qui entoure la catéchèse en France. « La société n’est plus la même », estime-t-elle. « Le multimédia a fait son apparition, les familles sont recomposées, le rapport à l’autorité et à la vérité n’est plus ce qu’il était ». Pour proposer un chemin vers le Christ, « il nous faut désormais aller vers l’autre, en leur disant « venez comme vous êtes » ». Pour Bénédicte de Massia, alors que la personne était auparavant « objet de la catéchèse », elle devient dorénavant sujet de celle-ci. « Notre travail est de leur proposer de faire un bout de chemin ensemble ».
Cette ouverture sans condition, « gage de respect et de dignité de chaque personne », se traduit par un élargissement des « portes d’entrée » vers la catéchèse. « Les personnes doivent être accueillies à chaque étape de leur vie et dans leur lieu de vie », indique la Perpignanaise. « Mais elles doivent l’être aussi au cours de la liturgie du dimanche et à chacun des sacrements ».
En partant de ce qu’est la personne, et en lui offrant un cheminement personnel, l’Église espère l’aider « à faire un pas », et peut-être lui permettre d’en envisager un deuxième.
Antoine Pasquier

par Antoine Pasquier publié dans : Religion
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Catégories

Images aléatoires

Blog : Occulte sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus