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Religion

Jeudi 29 mars 2007 4 29 03 2007 17:43

Le père Jean-Marc Vigroux a beau habiter à 3960 m d’altitude, le prêtre tarnais, en mission au Pérou depuis 2002, n’en garde pas moins les pieds bien sûr terre. Toujours le mot pour rire, et la petite phrase qui fait mouche, l’ancien prêtre de la Madeleine, aujourd’hui curé du village de El Descanso, raconte toujours avec la même passion son périple sur les sommets de la cordillère des Andes. Profitant de ses vacances en France, alors que la saison des pluies bat son plein au pays des Incas, le père Vigroux est venu présenter, mercredi 21 février, à l’invitation de l’association Alto-Canas, les dernières nouvelles de son aventure humaine, salle du Pigné à Albi.

Depuis sa dernière visite dans l’Hexagone, en 2005, bien des choses ont changé dans la paroisse péruvienne du Padre tarnais. L’ancienne chapelle de son village a disparu, laissant place à une belle église, de style coloniale, conçue et construite par les gens du village. « Elle ressemble à la cathédrale Ste-Cécile, non? », plaisante l’ecclésiastique en commentant ses diapositives. Le père Vigroux se régale à raconter un tas d’anecdotes croustillantes, et tellement exotiques parfois. « Sur les murs de l’école du village, où je donne des cours de catéchisme, on trouve aussi bien le portrait de l’initiateur de la première révolte contre les Espagnols, que celui du fondateur du Parti Communiste et du Sacré-Cœur de Jésus. On est loin de la laïcité à la française… ». Très curieux des us et coutumes locales, l’abbé français ne rechigne pas à suivre les légendaires dévotions rendues au culte de la Terre et de la montagne. « J’ai participé à un pèlerinage dans les montagnes, à 5000 m d’altitude. J’étais déguisé en ours, comme tous les autres hommes », confie, l’air amusé, et presque gêné, le père Vigroux. Il aime aussi, ou du moins partage avec politesse, quelques plats locaux de fêtes comme le hamster…

Derrière ces histoires épicées d’humour, le père Vigroux réalise un précieux et profond travail de terrain. Premier prêtre en résidence fixe sur sa paroisse, le religieux français a été accueilli comme un « sauveur » par les habitants. Grâce à sa venue, les différents laïcs, qui animent la paroisse, ont retrouvé une dynamique jusqu’alors perdue. « Auparavant, c’était le prêtre voisin qui venait les voir, trois ou quatre fois par an ». En cinq années, outre ses tournées quotidiennes dans les villages et communautés isolées pour bénir hommes et animaux, le prêtre tarnais a permis la création d’une radio paroissiale, Santa Cruz, qui « émet de 4h30 à 21h30 chaque jour » et ce grâce à l’aide de 40 à 50 bénévoles. Il a également œuvré à la mise en place d’un centre de formation agricole sur la paroisse. « Il y a trente ans, une réforme agraire a donné la terre aux paysans », mais ces derniers n’ont que peu de connaissances agricoles pour se débrouiller encore par eux-mêmes. Répondant, comme de nombreux prêtres étrangers en poste en Amérique latine, à l’encyclique du pape Pie XII « Fidei Donum », le père Vigroux espère déjà avoir rempli une partie de sa mission: « avoir dynamisé ces gens pour qu’ils réussissent à faire survivre leur église locale ». Antoine Pasquier

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 03 2007 17:45

Avouons-le, la conférence de Thierry Boutet, éditorialiste au magazine Famille Chrétienne, samedi 13 janvier à la Drêche, était d’un haut niveau philosophique. Pas toujours facile de suivre les propos de l’invité des AFC du Tarn, et pourtant le conférencier visait dans le mille en optant pour cette exigence de l’esprit. « Face à la rupture très profonde de notre société avec l’histoire (…), nous avons un gros investissement intellectuel à faire », a-t-il justifié devant l’assemblée. Sans céder à la panique, ni se « lamenter sur notre situation », les chrétiens doivent bien reconnaître que le monde ne tourne plus très rond ces derniers temps, et que les bases sociétales d’autrefois ont bel et bien évoluées. Alors qu’auparavant la société était en quelque sorte tenue dans une prédestination familiale (succession professionnelle et affective), celle de 2007 est plutôt stressée et angoissée. « Les gens sont affectivement très sensibles et sujet à la dépression nerveuse », a expliqué Thierry Boutet. La cellule familiale a implosé, l’adolescence se prolonge et le rapport homme/femme est bouleversé. « Avant, on devait décider de ne pas avoir d’enfant. Aujourd’hui, il faut décider pour avoir un enfant », souligne le conférencier, et, tirant un peu la caricature, « c’est la femme qui décide aujourd’hui, réduisant l’homme à un instrument de son choix ».

Ces données nouvelles « nous obligent donc à repenser les bases de notre société », comme l’indique l’éditorialiste parisien. Reste que l’Eglise et la société civile ne donnent pas le même sens aux mots. Rappelons-nous, « les concepts qui concernent la personne humaine, dans son sens large (politique, philosophie, morale) sont nés en Grèce ». Le Christianisme a fait le lien entre la tradition grecque et la pensée judaïque, à la lumière de la Révélation. Il s’est donc approprié le sens des concepts grecs. Or, « le référentiel culturel qu’utilise aujourd’hui la société n’a plus rien à voir avec celui qu’il était auparavant », regrette Thierry Boutet. « La société a gardé les termes, en les vidant de leur sens ». Parallèlement, le Magistère de l’Eglise catholique a conservé le sens premier de ces concepts, d’où l’apparition d’un hiatus inextricable. Pis, ce hiatus divise l’Eglise elle-même, puisque « une partie d’elle a adopté ce référentiel moderne, et entraîne ainsi une incohérence de sens et de discours au sein de l’Eglise ». Le tableau n’est pas tout rose, mais Thierry Boutet touche là le cœur du sujet de sa conférence intitulée « Peut-on avoir un regard familial et chrétien sur la société ? ». Si les chrétiens et la société ne donnent pas le même sens aux mots qu’ils utilisent, le dialogue ne peut s’instaurer. Les papes, à l’instar de Jean-Paul II avec les droits de l’Homme, ont essayé et essayent toujours de résoudre ce hiatus. Des signes d’espérance existent cependant pour la minorité chrétienne pratiquante – « qui a toujours était minoritaire », précise au passage l’intervenant. « Avec le Concile Vatican II, nous sommes entrés dans un temps nouveau pour l’Eglise, un temps de semailles », annonce-t-il. « Il y a un effort de purification de la foi et de la raison entrepris par l’Eglise », prenant pour exemple le pape Benoît XVI.

Surtout, et quoiqu’en dise les sondages d’opinion, les Français conservent une dimension spirituelle très forte. « La culture a peut-être changé mais pas les gens. Les jeunes rêvent toujours de se marier, d’être fidèles et d’avoir des enfants ». Certes, le progrès scientifique entraîne de nouvelles questions, mais ce dernier « constitue un progrès positif s’il respecte l’Homme, et surtout il a permis de lancer une réflexion éthique d’un niveau tel que nous n’en avions jamais connu jusqu’à présent ». Les chrétiens ont donc un rôle à jouer dans la société, mais doivent le faire avec prudence et de manière réfléchi. « Il ne faut pas appliquer notre modèle de vie aux autres, mais il faut d’abord les aider », a insisté Thierry Boutet. Fleurir son jardin pour attirer le regard de son voisin… Idem lors d’une discussion avec des personnes sur des sujets brûlants. « Il ne faut pas essayer de convaincre l’autre, vous n’y arriverez pas ! La seule chose à faire, à la manière de Platon, est de savoir mener l’art du questionnement, aider l’autre à réfléchir et à prendre du recul ».

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 03 2007 17:58

 

L’uniforme n’est pas encore complet, mais l’envie est déjà là. Seize garçons, âgés de 8 à 12 ans, composent, depuis dimanche dernier, 14 janvier, la première meute de louveteaux des Scouts d’Europe d’Albi. Encadrés par trois cheftaines, ils ont vécu leur première activité scoute autour du sanctuaire de la Drêche, leur paroisse de référence. La meute n’est pas la première unité de Scouts d’Europe à voir le jour sur la ville-préfecture du Tarn. L’an dernier déjà, la branche des louvettes, équivalent des louveteaux en âge, ainsi que celle des guides (12 – 17 ans) avaient été lancées grâce à l’initiative de quelques parents. Une patrouille d’éclaireurs existent également, pour l’instant rattachée à un groupe de Toulouse, faute de chefs sur Albi. La sauce prend, donc, visiblement. Il faut dire que plusieurs familles attendaient l’arrivée d’un mouvement scout de ce type sur l’Albigeois depuis de nombreuses années (il existe également des Scouts de France depuis cette année, ndlr).

La Fédération des Guides et Scouts d’Europe (FGSE) constitue l’un des trois principaux mouvements de scoutisme catholique français, avec les Scouts de France et les Scouts Unitaires de France. Avec 25 000 adhérents en France et 600 groupes locaux en métropole et en Outre-Mer, les Scouts d’Europe sont le deuxième mouvement de scoutisme du pays en terme d’effectifs. Mouvement d’éducation populaire, agréé par le ministère en charge de la jeunesse depuis 1970 et reconnue d’utilité publique, la FGSE se veut conforme à la tradition du scoutisme catholique en étant ouverte à tous ceux qui, même non baptisés, souhaitent participer à ses activités et réfléchir à une dimension spirituelle. Au niveau local, les Scouts d’Europe sont divisés en deux groupes distincts : l’un rassemblant les unités « filles » (louvettes (8 – 12 ans), les guides (12 – 17 ans) et les Guides-aînées (+ de 17 ans), l’autre le unités « garçons » (louveteaux (8 – 12 ans), les éclaireurs (12 – 17 ans) et les routiers (+ de 17 ans). L’encadrement des unités, bien que supervisé par des adultes, reste entre les mains des chefs et des cheftaines (jeunes âgés de plus de 17 ans), c’est pour cela que les Scouts d’Europe sont considérés comme un mouvement de jeunes, et non de jeunesse.

Reconnue « mouvement d’éducation » par l’Eglise catholique, la Fédération des Guides et Scouts d’Europe travaille en liens réguliers avec l’épiscopat français. Elle enseigne aux jeunes qui lui sont confiés la débrouillardise dans la nature, le sens des autres et du service, le sens de Dieu, sans oublier celui de l’effort. La pédagogie des Scouts d’Europe, comme celle de ses mouvements frères, s’appuie sur le jeu. La branche « louveteaux », par exemple, utilise comme base pédagogique le Livre de la Jungle de R. Kipling, en intégrant dans ses activités la dimension spirituelle, et notamment celle de Saint-François d’Assise, patron des Louveteaux. Comme de nombreuses associations de jeunes, la FGSE recherche sans cesse des chefs et des cheftaines prêts à s’investir pour animer et faire vivre les réunions et les camps de différentes unités.

Antoine Pasquier

Par Antoine Pasquier
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 04 2007 16:59

Mais bon sang, comment un prêtre peut-il en connaître aussi long sur l’amour et les relations conjugales ? À chacune de ses interventions, comme celle du 27 mars dernier à Réalmont, le père Denis Sonet donne, sans état d’âme, une véritable gifle aux couples bien installés, et trace le chemin à suivre pour les plus jeunes. «C’est inadmissible que les couples ne soient pas heureux dans notre société», a lancé le conférencier. «Allez voir chez les pauvres !». Le ton est donné… Le crâne dégarni, le regard franc, Denis Sonet a un foutu caractère et une sacrée dose d’humour pour faire passer son discours.

Devant une salle comble, répondant à l’invitation des AFC du Tarn, le prêtre-conseiller conjugal a ressorti son indémodable allégorie du chalet. «L’amour c’est une construction, comme un chalet sur une montagne». Avant toute chose, il faut établir un plan, celui de sa vie de couple. «Les jeunes n’ont plus de projets, alors qu’ils ont des vues très différentes», regrette le père Sonet. Mais construire l’édifice de sa vie n’est pas un jeu de loterie ou une perpétuelle mise à l’épreuve. «Huit cohabitations sur dix craquent dans les dix ans s’il n’y a pas de mariage», rappelle le conférencier. Le mariage, et l’engagement qui en découle, constitue le fondement et la base de tout couple. «Ça aussi, les jeunes ne le savent plus. Un couple, c’est avant tout la volonté de durer ensemble».

Le chalet ne pourra pas s’appuyer sur de solides fondations s’il n’existe pas, au fond de chacun des conjoints, un véritable amour de soi. «Quand on ne s’aime pas, on s’accroche à l’autre !», et la liberté qui fonde tout amour en pâtit. Une fois la base bien ancrée, Denis Sonet invite les couples à ériger les piliers de leur amour. Le premier, et le plus important, est la communication. «Les trois quarts du temps, on se sépare à cause d’un manque de communication», a relevé le prêtre. «Malheureusement, la communication n’est pas encore dans les programmes scolaires. mais si vous votez pour moi, je flanquerais un mois de cours sur la communication en terminale». Pour l’intervenant, l’acceptation de la différence dans un couple vient renforcer ce premier pilier. Le second rappelle la nécessité de la tendresse entre époux. Tendresse qui se traduit en gestes, en paroles, en cadeaux, mais aussi en fantaisies ! Le troisième pilier, la sexualité, qui s’accomplit dans la conjugalité, ne doit surtout pas être omis dans un couple. «La sexualité, c’est s’abandonner à l’autre», a résumé le père Sonet. «Je vois beaucoup de couples qui n’ont plus de sexualité. Ce n’est pas normal !». Toutefois, la sexualité n’est pas une course effrénée vers la performance, et «les conjoints doivent aussi savoir accepter les imperfections de l’autre».

Enfin, quatrième et dernier pilier, celui du projet de vie à deux. «N’oubliez pas que vous devez construire quelque chose à deux», a insisté le conseiller conjugal. Au cours de la réalisation de ce projet de vie, les époux devront garder au fond d’eux cette «volonté d’aimer» car c’est grâce à elle que, au creux de la vague, on peut repartir ensemble. Sur ces piliers, le foyer vient y déposer sa communauté conjugale, avec la cheminée du pardon - «où, le soir, on brûle tout» - et la faîtière de la fidélité qui rappelle que «je t’ai donné ma vie». Une parabole pour accueillir l’Esprit saint, une entrée sans porte pour être toujours ouvert et bien sûr, des enfants et de la joie ! Et Dieu dans tout ça ? «Dans votre sacrement de mariage, il y a le signe de Dieu. Chaque fois que vous aimez votre femme, vous aimez Dieu !». En fin de conférence, le père Sonet a rappelé que l’amour d’un couple devait être à l’image du Seigneur. «Ne devenez pas des couples pot-au-feu qui ne divorcent pas, mais soyez des couples à l’image du Christ, mort sur la croix les bras ouverts au monde, qui a épousé l’Eglise, soyez des couples qui aiment à la folie !».

Antoine Pasquier

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 17:24

Les catholiques ont-ils leur mot à dire dans le débat politique de ses élections présidentielles? Dans notre société sécularisée, où la conception de la laïcité est parfois poussée à son paroxysme, la réponse n’est pas évidente, et la religion rapidement rangée au placard de la sphère privée. Les croyants, eux, n’entendent pas mettre leurs opinions en sourdine. À l’aide d’un document publié par la Conférence des Évêques de France, à l’automne dernier, intitulé « Qu’as-tu fait de ton frère? », des groupes de laïcs tarnais ont lancé des rencontres-débats autour de cette publication qui invite à la réflexion sur les grandes questions de société.

Pour le père Claude Cugnasse, vicaire général du diocèse d’Albi, ces conférences, qui « cherchent à éveiller les chrétiens à la valeur du politique », sont justifiées. « Beaucoup de catholiques s’intéressent aux élections et se posent des questions ». Bonne idée au demeurant pour les chrétiens en quête de sens, ces débats internes ne limitent-ils pas l’Église à sa sphère privée? Le croyant n’a-t-il pas intérêt à dépasser les frontières de sa paroisse pour semer les paroles de l’Évangile dans le monde? « La religion a toujours eu une expression publique », estime pour sa part le père Xavier Cormary, prêtre à Lavaur. « On reproche parfois à l’Église d’exprimer des opinions sur des sujets de société, [or] l’Évangile est une force, un moteur de transformation du monde ». Le jeune prêtre tarnais rappelle qu’il est aussi un « citoyen et un électeur, avec mes idées et mes orientations».

Auteur d’un blog, le père Cormary vient de rédiger une lettre ouverte à l’attention des candidats à l’élection présidentielle. Il y dénonce les aigreurs d’une campagne électorale démagogique. « Personnellement, je suis rassasié des discours politiciens qui disent « on est les meilleurs, les autres, ils sont nuls! ». On entend ça à longueur de campagne électorale, comme si une action politique était toute bonne ou toute mauvaise ». Bien sûr, le débat et la critique seuls seraient trop faciles. L’Église ne cède pas à la tentation de l’unique sermon, mais appelle à l’action. « L’Église invite les chrétiens à s’engager en politique », rappelle le vicaire général. « Ce qui ne signifie pas être obligatoirement élu, mais au moins poser et se poser des questions ». L’investissement chrétien ne se borne pas « à la politique électorale, mais peut prendre d’autres formes, comme un engagement dans le milieu associatif ou syndical ». Le père Xavier Cormary pense qu’il est aussi du « devoir du chrétien, au nom de sa foi, de s’engager pour un monde meilleur ».

Cependant, s’investir publiquement ne veut pas dire imposer obligatoirement, ou impérativement, ses idées. « On ne peut pas imposer notre point de vue à une société laïque », tempère l’abbé Claude Cugnasse, « mais on peut essayer d’améliorer les choses ». Que ce soit en terme de débat ou d’action publique, les catholiques doivent garder à l’esprit les principes enseignés par l’Église, rappelés par le texte des évêques et la note Ratzinger de 2002. « Un devoir de lucidité s’impose à nous », insiste le père Cormary. « il n’est pas possible pour un chrétien de mettre des intérêts économiques ou politiques, et je dirais même écologiques, au-dessus de l’intérêt de l’homme. C’est l’homme, tout l’homme et tout homme qui doit être le souci premier avec la priorité des priorités pour les plus faibles. C’est dans ce sens que je voterai lors des prochaines échéances ».

Et, si faute de candidats satisfaisants, le chrétien n’arrive pas à faire de choix, il ne doit en aucun cas s’abstenir « car ceci serait un mauvais exemple vis-à-vis des jeunes et de la société », précise le père Cugnasse, une forme de désengagement. Par contre, « il peut voter blanc selon sa conscience, ou voter en traînant des pieds. Les candidats ont tous des imperfections ».

Antoine Pasquier

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 17:25

Au moment où s’ouvre la campagne présidentielle officielle, l’Alliance pour les Droits de la Vie lance la distribution massive d’un “Programme pour la vie”. Ce programme, conçu en association avec la Fondation de service politique, et d’autres organisations pro-vie, dont le Comité protestant pour la dignité humaine (CPDH) et la Life parade, aura mobilisé trois mille volontaires pour aller à la rencontre des Français. Un million d’exemplaires de ce Programme pour la vie est en cours de distribution dans les rues des 183 principales villes de France.

Le Programme pour la vie s’ouvre sur quatre volets : procréation et bioéthique, grossesse et maternité, enfance et sexualité, dépendance et fin de vie. Il propose d’ouvrir le débat de la protection de la vie humaine autour de quatre mesures-clés : - Une vraie protection juridique pour l'embryon humain - Une loi-cadre pour favoriser l'accueil de la vie - Priorité nationale à la protection de l'enfance - Une charte pour la dépendance - Une charte pour la fin de vie Ce Programme entend interpeller ainsi les douze candidats à l’élection présidentielle et mobiliser les électeurs en faveur de la protection de la vie. Chacun est invité à apporter sa contribution au Programme pour la vie afin qu’il soit pris en compte dans le débat en apportant ses réflexions ou son témoignage et en le soutenant sur Internet.

Fondée en 1994, l’Alliance pour les droits de la Vie est une association loi de 1901 qui regroupe actuellement 30 000 soutiens. Elle est présidée par le cancérologue Xavier Mirabel. Elle agit selon deux axes : l’aide aux personnes confrontées à des épreuves de la vie et la sensibilisation de tous à la protection de la vie humaine. Deux sites Internet d’aide aux personnes ont participé également à l’élaboration du Programme pour la Vie : SOSfindevie.org et SOSenfance.org

www.adv.org

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 12 avril 2007 4 12 04 2007 17:40

Samedi 21 avril à 19h30 sur KTO, Mgr Pierre-Marie Carré est l’invité de l’émission « la vie des diocèses » « Un jour, une foi », l’émission quotidienne de KTO (26 minutes) est déclinée du lundi au samedi à 19.30 (rediffusée à 21.45), décrypte l’homme sous toutes ses dimensions personnelles, spirituelles et environnementales. Tous les samedis « un jour, une foi » a pour thème « la vie des diocèses ». Cette émission est un tour de France des diocèses, à la rencontre des évêques et des forces vives de l’Eglise.

Rediffusions : Dimanche 22 avril à 09h55 et à 21h45 Lundi 23 avril à 00h15 Mardi 24 avril à 10h40 Mercredi 25 avril à 20h20 Jeudi 26 avril à 15h10 Vendredi 27 avril à 07h40 et à 22h40 KTO est disponible sur le satellite, la télévision par ADSL, le câble et également par internet sur www.ktotv.com

Par Antoine Pasquier
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Jeudi 12 avril 2007 4 12 04 2007 17:44

Le père Bruno Bories, curé de Puylaurens et doyen du secteur pastoral du Tarn-sud, vient d’être choisi comme prochain vicaire général du diocèse, en remplacement du père Claude Cugnasse.

Né en 1959 à Denat, le père Bruno Bories est originaire d’une famille d’agriculteurs. Après des études à Pratlong, puis au Christ-Roi de Toulouse, il entre au séminaire de Toulouse. Séminariste stagiaire à la paroisse Saint-Joseph à Albi, il est ordonné prêtre en 1986. Il sera intégré à l’équipe paroissiale de Saint-Joseph jusqu’en 2001, date de sa nomination sur le sud du département. Il a été également aumônier de plusieurs mouvements, dont l’ACI. En 2005, il était responsable de l’organisation du Forum des initiatives missionnaires de Castres.

Le père Bories entrera en fonction au mois de septembre prochain, et occupera le poste de vicaire général à plein temps. le père Cugnasse devrait conserver la responsabilité du secteur de Lavaur. Le vicaire général occupe ses fonctions pendant six ans, et peut être renouvelé dans celles-ci. Le père Cugnasse a été vicaire général du diocèse pendant neuf ans. La décision de changer de vicaire général appartient à l’évêque, qui peut tenir compte de l’avis de son conseil pastoral et de prêtres du diocèse.

Par Antoine Pasquier
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 05 2007 10:34

Avant la visite de Benoît XVI au Brésil, du 9 au 13 mai, Mgr Gérard Verdier, originaire du Tarn, évoque les grands maux du pays.

Quel message les Brésiliens attendent-ils de Benoît XVI ?

La visite elle-même du pape est un beau cadeau pour le peuple brésilien qui conserve, dans son immense majorité, la foi catholique. Elle est un signe que l’Amérique latine n’est plus la grande oubliée de Rome… Les Brésiliens attendent une parole forte du pape sur les grands maux qui blessent encore la société brésilienne: la corruption endémique, la violence urbaine et rurale qui perdure et s’amplifie, la réforme agraire qui avance à pas de tortue, la répartition des richesses non réalisée…

De son côté, l’épiscopat brésilien a-t-il un message à faire passer au Pape? Qu’attend-il de ce déplacement?

Comme je l’ai dit, ce déplacement provoque dans le pays et chez les évêques une profonde joie et une grande espérance. L’épiscopat sera sans doute encouragé à continuer ses efforts pour centrer l’annonce de la foi sur la Personne de Jésus Christ, à défendre les valeurs de justice pour tous, d’honnêteté contre la corruption, de défense de la vie des indiens, des noirs, de tous les exclus du pays, de protection de la forêt amazonienne en péril…

Alors que les violences se multiplient dans les campagnes brésiliennes, l’Eglise travaille-t-elle avec le gouvernement de Lula pour y mettre un terme? Quelles sont les relations qu’entretiennent les deux entités?

Un certain refroidissement. Car, malgré tous les espoirs suscités par l’élection du Président Lula et de belles avancées en faveur des plus défavorisés, l’Eglise déplore la lenteur de la Réforme Agraire et d’une véritable politique agricole qui résoudrait le problème de la violence rurale. Ce malaise est augmenté par l’appui certain que ce même Gouvernement donne à ce que l’on appelle l’« agro-negocio » (la production à grande échelle de produits agricoles pour l’exportation comme le soja qui envahit maintenant l’Amazonie, au détriment de la forêt…), et le manque de mesures aidant à sortir de leur crise économique, les moyennes et petites propriétés…

Deux de vos collaborateurs subissent des menaces de mort pour leur combat en faveur des indiens et des paysans sans terre. Le Saint-Père connaît probablement ces problèmes. Comment réagit-il à ce sujet ?

Nous avons une belle page du Pape sur le courage des missionnaires prêtres, religieux, religieuses et laïcs défendant les petits, mais une parole ciblée, de sa part, sur la défense des terres des indiens, des Sans Terre et de ceux qui les appuient et les défendent, serait d’une grande importance et un grand encouragement pour nous tous!

Deux jours après cette visite pontificale, vous comparaissez devant la justice dans l’affaire des tortures policières que vous avez dénoncées. Comment abordez-vous cette confrontation? Êtes-vous confiant ?

Le Commandant de la Police Fédérale de Guajara-Mirim vient de me téléphoner me disant que les militaires qui me font ce procès sont prêts à retirer leur plainte si je leur présente des excuses publiques à la radio et dans la presse! À eux, justement, les tortionnaires! J’ai répondu que ma conscience ne me le permettait pas. J’attendrai le verdict de la justice et je ferai appel, s’il y a lieu… Je suis confiant en la Providence, serein, très soutenu par mes frères évêques, par toute l’équipe missionnaire et par le merveilleux peuple des petits qui sent bien l’enjeu de ce procès: faire taire la voix de l’Eglise qui les défend…

Propos recueillis par Antoine Pasquier

Par Antoine Pasquier
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 05 2007 16:44

Ordonné prêtre le 3 juin à 15h à la cathédrale d’Albi, Sébastien Diancoff se dévoile en répondant au questionnaire de Proust.

 

 Le bonheur parfait selon vous?

La béatitude. Être en adéquation avec ce que le Christ nous demande de vivre et accueillir pleinement l’amour de Dieu pour le redonner aux autres. Il y a une quête de la perfection qui est source de difficultés. Il faut savoir accueillir ce qu’il y a de beau dans notre vie. L’accumulation de petits bonheurs contribue au Bonheur.

Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?

Lors d’un rassemblement de jeunes du MEJ à Chartres. À l’époque, j’étais encore étudiant en droit et j’accompagnais des jeunes de Brassac. J’y allais en traînant les pieds. Mais en voyant ses jeunes hors du cadre habituel, qui vivaient quelque chose de fort, j’ai participé à leur joie.

Votre dernier fou rire?

J’en ai beaucoup. Au séminaire, avec mes collègues séminaristes, ça m’arrive souvent.

Et la dernière fois que vous avez pleuré?

Hier (jeudi de l’Ascension, ndlr), lors du baptême de mes petites cousines de 9 et 10 ans. C’est après la célébration que j’ai réalisé la chose. J’ai été submergé d’une profonde émotion, notamment parce que ce baptême était une démarche personnelle de leur part.

Le principal trait de votre caractère?

Réservé et prudent.

Celui dont vous êtes le moins fier?

Mon manque de spontanéité.

Votre occupation préférée?

Faire du sport, du football notamment, et prendre des temps de convivialité avec mes amis et ma famille. La marche aussi.

Votre plus grande peur? 

La peur de décevoir en amitié.

La figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler?

Le Christ, mais en étant un pâle reflet du modèle.

Votre philosophe préféré?

Vladimir Jankélévitch, pour son travail sur le pardon et la difficulté à pardonner l’impardonnable.

Votre livre de chevet?

« L’œuvre au noir » de Marguerite Yourcenar, que j’ai lu plusieurs fois.

De quel saint ou sainte le monde a-t-il besoin?

Le monde a besoin de saints qui rayonnent la grâce de Dieu, qui soient en cohérence entre ce qu’ils annoncent et ce qu’ils vivent, qui témoignent de la force de Dieu en eux dans leur milieu, qui aient l’audace de dire que ce qui les fait vivre, c’est le Christ.

Quelle est la plus grande force de l’Eglise?

C’est l’Esprit Saint qui agit en elle.

Sa faiblesse?

De ne pas suffisamment accueillir l’Esprit Saint et d’être repliée sur elle-même, sur un fonctionnement. D’oublier que sa source, c’est le Christ, qui la pousse à aller vers un accomplissement.

Le plus grand mal de notre époque?

L’indifférence par rapport aux autres et par rapport aux questions touchant à la métaphysique ou à la foi. Vivre sans se poser de questions sur la vie et chercher le bonheur partiel dans des choses immédiates.

Le talent que vous voudriez avoir?

Être un expert en amitié. C’est une des grandes qualités que d’arriver à faire croître l’amitié dans les autres au lieu d’être critique tout le temps.

Votre plus grand regret?

D’avoir laissé tomber des amitiés et d’avoir oublié des amis par paresse ou autres.

Que détestez-vous par-dessus tout?

L’hypocrisie, le manque de vérité, la trahison.

Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence?

Les fautes de goût…

Comment aimeriez-vous mourir?

Dans la paix du Christ.

Qu’aimeriez-vous que Dieu vous dise?

« Bienvenu », du moins j’espère.

Par Antoine Pasquier
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